Des patients et des employés s'inquiètent
« Ce n’est jamais une bonne nouvelle. Déjà qu’il faut attendre longtemps quand on va à l’hôpital et tout le monde va se diriger au même endroit alors, ça va engorger les urgences. », Chantal Dupuis, résidente du quartier.
Comme toutes les personnes rencontrées aux portes du CLSC, cette mère de famille s’est prononcée contre cette décision.
Dès la fin de semaine prochaine, les patients devront se rendre à Pointe-aux-Trembles pour recevoir des soins.
« Si mon petit se fait mal et que je ne sais pas si c’est grave, c’est beaucoup trop loin de se rendre à Pointe-aux-Trembles », explique Patricia Desousa, une mère monoparentale sans voiture.
Il n’y a pas que les familles qui craignent de souffrir de cette décision à en croire le témoignage d’une dame âgée qui tient à garder l’anonymat. Elle s’inquiète de la disparition d’un service de proximité essentiel pour elle.
Manque d’information
Parmi la clientèle interrogée, personne n’était informé des nouvelles heures d’ouverture. D’ailleurs, aucune affiche n’en fait état sur les portes du CLSC.
« Ça aurait dû être annoncé parce que les gens vont peut-être se déplacer pour rien », déplore Tanya Cee. La jeune femme s’inquiète particulièrement du sort des personnes âgées et à mobilité réduite. Elle craint que le transport jusqu’à Pointe-aux-Trembles entraîne des complications aux personnes dont la santé est déjà fragile.
Certains employés aussi s’inquiètent de cette décision du CSSS.
« C’est malhonnête de la part de l’administration de ne pas avoir informé la population. Ce n’est peut-être pas une coupe, mais ça réduit tout de même le service à la population », estime une employée qui tient à garder l’anonymat.
Elle observe une diminution dans la qualité des services, notamment du temps consacré à chaque patient, au cours des dernières années.
« Alors qu’il y a une augmentation du nombre de cadres, la charge de travail des employés ne cesse d’augmenter. Ça nous laisse moins de temps pour avoir un contact humain avec les patients et pour faire de l’enseignement », conclut-elle.
Du côté des élus, Chantal Rouleau s’est également dite étonnée de la décision du CSSS. La mairesse de l’arrondissement prévoit contacter la direction du centre afin de comprendre la décision.
« Je ne suis pas en faveur d’une telle décision, a pour sa part commenté le député provincial Marc Tanguay. Je vais rencontrer le directeur général du CSSS au milieu de la semaine pour en discuter. Je souhaite que les Prairievois aient accès aux meilleurs soins possible. »
La clinique médicale 8260, seul groupe de médecine familiale ouvert la fin de semaine dans le quartier, n’a pas répondu à notre demande d’entrevue.
Laval est plus proche
Pour la majorité des résidents de Rivière-des-Prairies, il existe une option moins éloignée que le CLSC de Pointe-aux-Trembles, la fin de semaine. Alors que 15 km séparent les deux établissements, il faut seulement parcourir 13 km pour se rendre au CLSC des Miles îles, situé à Laval. Comme le CLSC du quartier, celui de Montréal-Nord est également fermé la fin de semaine.