Soutenez

Caméra dans les taxis : qui paiera la facture?

stephanie.maunay@tc.tc

Les recommandations faites par la Commission sur les transports et les travaux publics de la Ville, concernant la sécurité dans les taxis, seront adoptées demain, 21 mai, en assemblée publique. Parmi celles qui devraient être avancées, il y a la caméra. Un investissement financier qui inquiète la profession.

« Un mort est un mort de trop. Pour l’instant, les caméras vidéo sont interdites, mais on souhaite une modification », soulignait il y a quelques semaines, Aref Salem, responsable des transports au comité exécutif de la Ville.

Le financement de ce nouvel outil soulève beaucoup de questions chez taxis.

« À qui va-t-on demander de payer? Aux chauffeurs? Le gars, il bosse déjà 12 à 16 heures par jour pour boucler son mois, explique le directeur général de la Coop. C’est pour ça que certains n’en veulent pas, mais je garantis à 90% que si on leur dit que c’est le gouvernement qui va payer, ils seront pour. »

Mme Décarie assure que les chauffeurs n’auront pas à assumer seuls le coût.

« La Ville va faire sa part pour trouver les moyens de financer la mesure, mais il n’y a pas de prix pour la sécurité. On va regarder les différents moyens, notamment la publicité à l’intérieur des véhicules. Mais personnellement, quand je me suis fait cambrioler mon domicile, j’ai investi dans un système de sécurité qui coûte un peu d’argent, mais au moins, je me sens en sécurité », avoue la conseillère, qui laisse entendre que les chauffeurs devront certainement participer au financement.

Le droit à l’image laisse également certains taxis réticents.

Mais sur ce sujet Mme Décarie est catégorique : « pour moi, il est clair que seul le Service de police de la ville de Montréal aura accès aux images. On n’est pas là pour surveiller le monde. Il n’est pas question que le Bureau du taxi ait accès aux images. »

Au total, une trentaine de mémoires ont été déposés à la Commission. Une fois les recommandations adoptées, elles seront soumises au comité exécutif, mais aucune date n’a été fixée pour le moment.

————————————————————————————–

Exiger les antécédents judiciaires

Suzanne Décarie, conseillère de l’arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles et membre de la Commission sur les transports et les travaux publics, est catégorique sur ce point.

« Je ne lâcherai pas. Il faut que les compagnies de taxis aient les antécédents judiciaires des chauffeurs. La sécurité des conducteurs est importante, mais celle des citoyens aussi. »

L’élue confirme avoir fait de ce dossier son cheval de bataille.

« Personne à la commission, pas même le président, M. Bissonette, ne savait que les antécédents criminels n’étaient pas exigés. Ça fait quatre ans que le ministère des Transports, le Bureau du taxi, les travailleurs autonomes et les contrôleurs routiers travaillent sur le dossier, mais rien n’a encore abouti. Je ne veux pas créer d’émeute, mais si je mets ma petite fille dans un taxi et que le chauffeur est un pédophile qui vient de sortir de prison, j’aimerai qu’on le sache », conclut l’élue, qui affirme qu’elle se battra jusqu’au bout pour qu’une réglementation soit prise en ce sens.

À lire également:

Les taxis plus en sécurité dans l’Est

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.