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Chantal Rouleau s’oppose au budget 2013

Bousquet-Richard Simon - TC Media
Le budget municipal 2013 a été déposé cette semaine. La mairesse de l’arrondissement Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles (RDP-PAT), Chantal Rouleau, s’oppose farouchement à celui-ci.

« Nous ne pouvons pas voter en faveur de ce budget. Je suis extrêmement choquée, et les citoyens aussi, par l’ampleur de la magouille […] S’il n’y a pas de mesures de redressement et de contrôle, nous ne pouvons pas voter un budget concret. »

Rappelons que la hausse de 3,3 % des taxes municipales est prévue dans le budget de la Ville de Montréal, qui a été déposé le 30 octobre dernier. À la suite de nombreuses critiques, le président du comité exécutif de Montréal, Michael Applebaum, a annoncé le 1er novembre que le budget serait révisé.

« Quand ils ont déposé le budget et la hausse des taxes de 3,2 %, lundi, ils étaient très fiers du budget. Comment se fait-il qu’en l’espace de 48 heures, ils annoncent qu’ils vont le reviser? », se questionne Mme Rouleau.

Ce que les opposants au budget critiquent est, notamment, la hausse des taxes de 50 % de plus que le niveau de l’inflation, estimé à 2,2 %, et que le montant de 3 % correspond au pourcentage qui était prélevé aux entrepreneurs par le responsable du financement d’Union Montréal, Bernard Trépanier, selon les allégations de l’ancien organisateur du parti, Martin Dumont, à la Commission Charbonneau.

« Quelles sont les bases du budget? Il n’y a pas de mesures [de correction] qui ont été prises, seulement une augmentation de taxes », déplore Mme Rouleau, qui est aussi vice-présidente de la Commission sur l’eau. L’exemple du dossier de l’eau est une bonne illustration, la « perte de contrôle énorme à la Ville de Montréal », selon elle.

« Dans le dossier de l’eau, l’administration s’était engagée à diminuer de 15 % le coût des travaux* par plus de rigueur et de vigilance dans l’octroi, la surveillance et les modalités des contrats. J’ai demandé à maintes reprises à M. Applebaum de produire un plan d’action, mais je n’ai jamais obtenu de réponses », explique-t-elle.

Plusieurs victimes sont à RDP-PAT

Le bureau de la mairesse a d’ailleurs enregistré plusieurs plaintes de citoyens qui se demandent « comment la ville peut augmenter les taxes foncières, encore une fois, avec toute la corruption qui a duré pendant des années […] Je suis totalement dégoûté » ou encore « j’aimerais savoir ce que je peux faire comme citoyen pour empêcher cette hausse de taxes présentée aujourd’hui compte tenu des pertes énormes que nous avons assumées depuis des années dans les travaux de voirie. » D’autres vont encore plus loin comme un citoyen qui demande à être « remboursé pour toutes les pertes engendrées ».

La mairesse dit avoir entendu le message de ces citoyens. « Ce sont les citoyens qui paieront pendant 20 ans. Ceux qui ont acheté des maisons à des coûts élevés à cause des coûts d’infrastructure paieront pour la corruption et la collusion, sur leur hypothèque. Ça, c’est indécent! », s’indigne la mairesse. Elle fait remarquer au passage que puisque l’arrondissement est un endroit où les nouvelles habitations se multiplient, ce sont ces résidents qui ont dû payer la plus grande part de la facture. « Il y a des milliers de dollars investis chaque année pour payer les infrastructures des nouveaux quartiers de l’arrondissement », précise-t-elle.

« Nous sommes d’ailleurs à vérifier comment nous pourrions demander des compensations particulières pour les résidents de RDP-PAT », déclare Mme Rouleau.

Envoyer un message clair

La mairesse croit que « l’élection partielle dans RDP est l’occasion pour les gens d’envoyer un message clair à l’administration Tremblay ». De plus, elle ne demande pas seulement la révision du budget. Elle va plus loin en demandant la démission du maire Gérald Tremblay et de ses conseillers. « Nous faisons face à un problème extrêmement important », affirme-t-elle.

Malgré tout, l’édile assure faire toujours confiance à la plupart des fonctionnaires, des élus et des entrepreneurs. « Ça demeure une minorité. Je sais qu’il y a des personnes responsables de fautes graves et qui seront jugées par la loi, mais la grande majorité de la fonction publique est composée de gens honnêtes. La question n’est pas de condamner l’ensemble des gens. C’est encore une minorité qui fait payer la majorité », conclut Mme Rouleau

* Rapport du Comité de suivi du projet d’optimisation du réseau d’eau potable, septembre 2011.

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