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Déneigement : les priorités devront être revues

À la suite de la tempête du 27 décembre dernier, tout le monde s’entend sur deux choses : la tempête était colossale et le plan de déneigement de la Ville devra être revu. Mais ce plan a-t-il vraiment été suivi?

Alors que le maire, Robert Coutu, et la directrice générale, Josée Guy, se disent satisfaits de l’opération de chargement des 45 cm de neige qui ont recouvert la métropole, plusieurs conseillers croient que ça ne tourne pas rond.

Rappelons qu’à Montréal-Est, l’opération a été complétée en neuf jours, soit le 5 janvier. N’eût été une fuite d’eau survenue le 4 janvier, les rues auraient été dégagées une journée avant. À pareil date à Montréal, 2 % des rues n’avaient pas encore été déneigés.

La directrice s’est dite impressionné par la rapidité à laquelle s’est effectué le chargement de la neige, en comparaison à ce qu’elle a observé lorsqu’elle était directrice générale pour la Ville de Montréal.

Une situation d’urgence

Au lendemain de la tempête, le conseiller Mario Bordeleau a exigé de la directrice qu’elle tienne une réunion d’urgence avec les élus. Les conseillers Monique Major, Michel Bélisle, Sylvie Dauphinais et Alain Dion l’appuyaient dans sa démarche. « La rue Notre-Dame n’était même pas encore commencée, les trottoirs n’étaient pas faits, déplore M. Bordeleau. Même les arrêts d’autobus n’avaient pas été dégagés. »

Le conseiller s’était alors fait répondre que seul le maire pouvait convoquer une telle réunion. « Mme Guy dit qu’elle ne peut recevoir des ordres que du maire, je trouve ça dramatique », commente le conseiller Dion.

Or, les élus municipaux pouvaient bien demander un conseil extraordinaire d’urgence. Pour la directrice générale, il s’agit d’un quiproquo. « Pour tenir une réunion d’urgence, il faut qu’elle soit demandée par le maire, mais les conseillers auraient pu demander un conseil extraordinaire. Dans ce cas, il faut avoir un ordre du jour avec des décisions à adopter, mais, quand nous avons demandé des précisions, nous n’avons pas eu de suivi », explique Mme Guy.

« Quand nous sommes dans le jus, ce n’est pas le temps de nous chicaner. M. Bordeleau cherchait plus l’adversité qu’autre chose », croit M. Coutu. Ce dernier n’a répondu à M. Bordeleau que le 30 décembre.

Le lendemain, M. Dion a obtenu du maire que les deux arrêts d’autobus situés sur la rue Notre Dame, près de l’Association sclérose en plaques, soit déblayé. « Les trottoirs de la rue Notre-Dame, du côté de Mercier et de Pointe-aux-Trembles, étaient faits. Chez nous, jusqu’au 3 janvier, les trottoirs n’étaient pas faits et les abris bus non plus. Avant, les arrêts étaient la priorité. C’est très dangereux, quelqu’un pourrait glisser et tomber sous l’autobus », prévient M. Dion.

De son côté, Mme Guy dit avoir remarqué que la situation à Mercier–Hochelaga-Maisonneuve était bien pire. D’ailleurs, le 4 janvier, seulement 84 % des rues de cet arrondissement et 81 % de celle de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles avaient été dégagés alors qu’à Montréal-Est 95 % l’étaient.

La faute au plan de déneigement

M. Coutu admet que « la directrice générale n’a pas beaucoup de flexibilité, elle doit suivre le plan de déneigement qui a été adopté par le conseil. Je lui ai demandé d’au moins dégager d’urgence les arrêts d’autobus sur Notre-Dame. »

Selon le plan de déneigement qui a été adopté par le conseil en place, la rue Notre-Dame est l’une des dernières à être dégagée lors de tempête. « Les artères sont à la fin. Heureusement que la tempête s’est produite pendant les vacances des Fêtes parce que si les rues Notre-Dames et Sherbrooke n’avaient pas été déneigées le 6 janvier, imaginez les embouteillages que ça aurait créés », expose Mme Guy.

MM. Bordeleau et Dion déplorent que le secteur des « sheds » (sur l’avenue Laurendeau, entre Ontario et Sherbrooke) ait été fait avant les secteurs résidentiels. Une information que nie la directrice.

Qui est le boss du déneigement?

« Certains conseillers ne comprennent pas leur rôle. Ils ne peuvent pas gérer le déneigement. Nous avons adopté un plan sur lequel Mme Guy s’est basée. Le problème est que les artères ne sont pas la priorité dans le plan », soutient M. Coutu. Bref tout le monde est d’accord que l’ordre dans laquelle les rues devraient être dégagées doit être revisé, mais, le plan a-t-il vraiment été suivi? La directrice générale assure que oui. Mais selon des informations transmis par plusieurs citoyens à l’Avenir de l’Est, cela n’a pas toujours été le cas.

Des citoyens satisfaits

« Il y a un problème, l’année dernière a été une année exemplaire. Cette année, on ne comprend pas pourquoi ça ne fonctionne pas. Les cols bleus nous disent “nous exécutons les ordres”, je trouve ça très étrange », se questionne M. Dion.

Le maire souligne pour sa part que la quantité de neige a pesé lourd dans la balance. « Quand c’est arrivé jeudi [le 27 décembre] on aurait tous aimé finir de déneiger en deux jours, mais il ne faut pas oublier qu’il est tombé 47 cm en 15 h, nous avons fait un nombre de chargements record. J’apprécie la patience et la collaboration des citoyens, déclare M. Coutu. Normalement, la rue Notre-Dame est déneigée dès le deuxième jour, mais, avec toute la neige qui est tombée, tout a pris deux fois plus de temps. »

Si le maire n’a pas reçu beaucoup de plaintes, certains conseillers disent avoir constaté le mécontentement des citoyens. « M. Coutu dit que nous sommes trop exigeants. Il dit que les citoyens sont contents. Il dit que tout va bien et qu’il n’a eu des commentaires que des élus », a raconté M. Dion qui affirme avoir reçu de nombreuses critiques de résidents.

L’une de ces critiques concerne l’installation des pancartes d’interdiction de stationner. « Des citoyens se sont plaints qu’ils avaient posé les pancartes d’interdiction de se stationner trop d’avance. Il faut le faire entre 15 à 17 h la veille, pas les laisser là pendant deux ou trois jours! Si on ne peut pas le faire, il faut les enlever », estime M. Dion.

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