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Le « ghetto » de l'avenue André-Ampère démantelé

Leduc-Frenette Samuel - TC Media
Les plaintes de citoyens au conseil d’arrondissement du 3 juillet semblent avoir porté leurs fruits : la mairie, en collaboration avec le poste de quartier 45 (PDQ45) et les organismes du secteur, affirme avoir fait des efforts importants pour éviter les attroupements près des centres commerciaux de l’avenue André-Ampère. Néanmoins, un groupe de résistants est encore actif plus tard en soirée.

La situation semblait intenable pour certains résidents au début de l’été, qui avaient qualifié l’endroit de « ghetto », voire même de « Bronx » (en référence au quartier new-yorkais réputé pour sa brutalité). Des dizaines de résidents d’origine haïtienne se réunissaient dans les stationnements des centres commerciaux pour y boire de l’alcool et jaser un brin tous les jours. Certains Haïtiens arrivés depuis le séisme de janvier 2010 y allaient pour socialiser.

Ces attroupements réguliers, qui pouvaient avoir lieu le midi, le soir, et même la nuit, avaient pour conséquence, selon la police, de produire une importante quantité de déchets—bouteilles, canettes de bières, etc.—en plus d’empuantir les lieux d’urine.

Or, la mairie semble avoir pris les grands moyens pour en finir avec ce problème sitôt après que la plainte des citoyens lui fut adressée.

« Le directeur de l’arrondissement a convoqué les personnes responsables de chacune de nos directions, ainsi que les policiers et les intervenants communautaires pour bien comprendre ce qui se vivait et pour faire un plan d’action pour tenter de régler cette situation-là, affirme la mairesse de l’arrondissement Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles (RDP-PAT) Chantal Rouleau.

« On ne peut pas dire aux gens “n’allez plus là”. C’est quand même un lieu où on a le droit de se rassembler, mais il ne faut pas que ça crée de problèmes », ajoute-t-elle.

La mairesse indique avoir entrepris des actions concrètes, comme d’encourager les gens à se rencontrer au centre communautaire de RDP plutôt qu`à cet endroit. Un dialogue a du même souffle été entamé afin de mieux connaître les besoins des gens.

Sur les lieux, Mme Rouleau croit que certains changements étaient à opérer. « Il faut maintenir ce lieu très propre, qu’il n’y ait pas d’ordures qui traînent, que ce ne soit pas une dump. Il faut veiller à un éclairage adéquat, mais en même temps, il ne faut pas que ça vienne nuire aux résidents qui sont là », mentionne-t-elle.

Sur le terrain

Sur le terrain, les policiers sont très actifs. Depuis l’été, ils ont adopté un « savant mélange » de communication et de répression dans leurs interventions. Des constats pour flânage sur la voie publique et pour consommation d’alcool ont notamment été émis.

« Je pense que les gens ont compris, lance l’agent sociocommunautaire du PDQ45 Normand Séguin. Les groupes qui occupaient l’endroit ont plus opté pour socialiser devant chez eux.

« C’est un des résultats, je pense, des interventions qui ont été faites jusqu’à maintenant dans ce dossier-là. »

Sauf que malgré les efforts concertés de la mairie, de la police et des organismes communautaires, un petit groupe, différent du précédent, semble résister. Il se réunit vers 21 h 30 ou 22 h selon l’agent Séguin. « C’est sûr qu’il y a des patrouilles qui vont se faire », avertit-il.

Existerait-il un manque de lieux de socialisation à RDP? « On a trouvé une bonne solution avec le centre communautaire de RDP », répète seulement la mairesse.

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