Soutenez

Richard Deschamps, vice-président du comité exécutif, réagit

Leduc-Frenette Samuel - TC Media
Dans la lettre que le vice-président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Richard Deschamps, a adressée le 17 septembre à la mairesse de l’arrondissement Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, il affirme comprendre les questionnements éthiques de celle-ci à propos de la firme Construction Soter inc. Toutefois, il ajoute que cette dernière a été retirée de la liste des entreprises qui ne peuvent pas soumissionner à des appels d’offres publics, et qu’il ne peut donc pas présumer de sa culpabilité.

Pour cette raison, la Ville de Montréal a refusé à la mairesse Rouleau de lui accorder un délai dans le financement de travaux dans le boulevard Perras et dans l’avenue André-Ampère au-delà du 31 décembre 2012, des travaux entièrement financés par l’administration centrale dans le cadre du Programme additionnel de réfection du réseau routier local.

« Mme Rouleau est soumise aux mêmes règles que tout le monde, qui ont été très clairement énoncées », déclare-t-il en entrevue téléphonique.

M. Deschamps dit comprendre les inquiétudes de Mme Rouleau. Construction Soter inc. a déjà fait partie d’une liste d’entrepreneurs à qui il était interdit de soumissionner pour des travaux publics. En retirant la personne coupable de fraudes fiscales de la liste de ses administrateurs, la firme a néanmoins pu récupérer tous ses droits.

« J’ai souvent dit que les questionnements qui sont faits autour de la loi 35 sont très légitimes, se défend-il. Il ne faut pas penser qu’on reste ici dans nos bureaux en restant coi et en ne faisant rien alors que Mme Rouleau est la seule qui a la juste perception des imperfections des lois. »

Il précise toutefois qu’il ne peut pas se positionner en tant que juge et condamner arbitrairement l’entreprise.

Si son administration décidait de bloquer cette attribution de contrat, elle pourrait courir de grands risques financiers dans la mesure où l’entreprise lésée pourrait la poursuivre.

« Je ne crois pas que ce soit la meilleure façon d’utiliser l’argent des contribuables », laisse tomber celui qui est responsable des infrastructures à la Ville-centre.

Manque de cohérence

Le vice-président du comité exécutif affirme ne pas vouloir forcer la mairesse. « Je ne l’oblige à rien, je lui dis juste “prenez vos responsabilités comme mairesse”. »

Si elle refuse l’argent promis dans le cadre du Programme de réfection routière, M. Deschamps dit qu’il le réinjectera dans un autre projet, et ce, pas nécessairement dans l’arrondissement. Notons qu’au moment de l’entrevue, Mme Rouleau ne lui avait pas encore annoncé qu’elle avalisait finalement ce contrat.

Dans les arguments qu’il invoque, M. Deschamps n’oublie pas de rappeler ce qu’il considère être un manque de cohérence de la part de la mairesse Rouleau.

« Dans son conseil d’arrondissement du mois de juillet, elle a octroyé un contrat à la même entreprise pour réinvestir dans l’arrondissement sur des rues en macadam, mentionne-t-il. Alors, d’un côté, elle nous dit qu’elle est extrêmement mal à l’aise par rapport à l’entreprise, et de l’autre côté, […] elle [lui octroie] un contrat. J’ai de la difficulté à comprendre la cohérence du geste. »

Vérification faite, un contrat d’une valeur de 2,12 M$ a été donné à Construction Soter inc., le 3 juillet dernier, « pour des travaux de pulvérisation et stabilisation sur diverses rues en macadam ».

Au cabinet de la mairesse, on soutient que c’est cette attribution du mois de juillet qui a incité en août le parti Vision Montréal à dénoncer le problème et à exiger un renforcement de la loi 35.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.