La Ville de Montréal se penche sur la question
C’est du moins ce qu’a annoncé le député fédéral de Rosemont – La Petite-Patrie, Alexandre Boulerice, qui suit ce dossier de près.
« J’ai rencontré Denis Coderre dernièrement. Il vérifiait avec le contentieux de la Ville de Montréal si sa juridiction sur l’aménagement du territoire ne pouvait pas faire en sorte qu’il puisse refuser que Postes Canada installe des boîtes sur les trottoirs et l’espace public. Ça pourrait être une avenue très intéressante », a fait valoir M. Boulerice, indiquant que de son côté, il allait continuer à « mettre de la pression ».
Selon lui, il est faux d’affirmer que la société d’État n’a plus les moyens d’offrir la livraison du courrier à domicile.
« Au cours des 18 dernières années, Postes Canada a été déficitaire une seule année, en 2011. Pourquoi? Parce qu’elle a mis son monde en lock-out pendant quelques semaines et aussi parce que c’est l’année où elle a dû payer, one shot, le règlement en équité salariale de ses employés. Les profits accumulés durant les 17 autres années représentent 1,7 G$. Or, la fameuse étude du Conference board qui prédit qu’en 2020, Postes Canada va perdre 1 G$ par année a été basée sur l’année financière de 2011. Oui, il y a moins de lettres, mais ce n’est pas la fin du monde », plaide M. Boulerice, soulignant qu’advenant la fin de ce service, le Canada serait le seul pays du G7 à abandonner la livraison postale à domicile.
La Ville de Montréal s’en mêle
Du côté de la Ville de Montréal, l’attachée politique du maire Denis Coderre, Andrée-Anne Toussaint, a laissé savoir par courriel que « des pressions politiques sont exercées, dont la dernière s’est tenue lors du caucus des maires des grandes villes du Canada, en février. […] D’autres gestes de mobilisation sont à venir, mais ne peuvent être communiqués actuellement ».
Rappelons que les municipalités ont adopté une résolution demandant à Postes Canada de « surseoir à son plan d’interrompre la livraison à la porte jusqu’à ce que les préoccupations des municipalités aient été résolues par le biais de consultations satisfaisantes ».
À savoir où en sont les démarches légales de la Ville-centre, Mme Toussaint a indiqué que « le contentieux ne divulgue pas ses positions juridiques publiquement ».
Les aînés se joignent au combat
L’Association québécoise de défense des droits des retraités (AQDR) de Rosemont, qui s’oppose à cette mesure, a décidé de se lancer dans la mêlée. Pour ce faire, elle a imprimé des cartes postales demandant une volte-face de Postes Canada. Les personnes intéressées n’ont qu’à signer la missive et à la poster.
« Ça va créer plein de problèmes. Nous, on dit non. Tout simplement. On veut dire que ça n’a pas de bon sens », indique Pierrette Guitard, de l’AQDR Rosemont.
Cette mesure s’ajoute aux diverses initiatives déjà en branle, comme la pétition initiée par le député Boulerice (http://bit.ly/1iXk4w8) ou la campagne « J’appuie mon postier », qui consiste à apposer un autocollant sur sa boîte à lettres.