Le banlieusard repenti
Pourquoi avoir choisi ce quartier? Parce que, selon lui, on y retrouve, à plus petite échelle, toutes les facettes de la métropole québécoise qui le fascinent.
« Rosemont, c’est comme Montréal dans un seul arrondissement. À l’est, on a une certaine banlieue avec des bungalows plus cossus autour d’un gros parc. Le Vieux-Rosemont, lui, est un ancien quartier ouvrier typique de Montréal où on retrouve la rue Masson, qui est particulière. Elle est enclavée et il n’y a pas de métro proche; on y retrouve donc une espèce de microcosme intéressant, très populaire. Autour du parc Molson, on a notre Outremont. C’est une bourgeoisie issue de la classe moyenne-élevée qui habite là. Elle est très progressiste et environnementaliste. À l’ouest, il y a La Petite-Patrie, où il y a plus de diversité culturelle, les rues sont plus étroites, il y a le marché Jean-Talon et il y a une forte densité de population », expose M. Croteau.
Cette effervescence et cette vie de quartier son au cœur de son action politique.
« J’aime cette idée de village en ville. Quand tu réussis à créer une offre de proximité et de qualité, tu viens défaire l’argument économique. Oui, ça coûte plus cher habiter en ville, mais quand tu résides dans un quartier vivant où tout peut se faire à pied, tu as une qualité de vie », plaide le candidat.
Tous les chemins mènent au politicien
Se décrivant lui-même comme étant une personne « complexe et diversifiée », M. Croteau a beaucoup erré avant d’atterrir en politique.
Après avoir étudié l’histoire de l’art et la sociologie, exercé le métier de graphiste, écrit pour le Quartier Libre, milité au sein de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal, travaillé comme ouvrier chez Bombardier, vendu des assurances, il s’est finalement dirigé vers la gestion publique en complétant une maîtrise en administration des affaires (MBA) puis un doctorat en études urbaines. Au même moment, l’envie de s’engager activement en politique, notamment à l’échelle municipale, se fait sentir.
M. Croteau estime qu’un politicien doit aller au bout de ses idées en maintenant le cap, contre vents et marées.
« Quand t’agis, tu assumes tes décisions. Ça prend du courage et de l’ambition; c’est ça être un élu. Je ne suis pas gêné de dire que je vais avoir le courage et les convictions pour aller au bout de ce que je veux réaliser, même dans l’adversité. Être un politique, c’est ça : prendre des décisions. Et ça fait trop longtemps que les gens n’en prennent pas », croit-il.
À ceux qui craignent que ce mode de gestion fasse de Rosemont un nouveau Plateau, il tente de se faire rassurant en répondant que « puisque les problèmes ne sont pas les mêmes, les solutions ne seront pas les mêmes ».
Utopie rosemontoise
À savoir ce qu’il améliorerait à Rosemont – La Petite-Patrie s’il est élu, M. Croteau mentionne la rue Saint-Hubert.
« J’aimerais que la Plaza soit une belle rue commerciale. J’ai habité Québec et j’ai vu ce qu’on a fait avec l’ancien mail Saint-Roch. Ce qu’on a fait sur cette rue, c’est éliminer la fracture entre l’automobile et le piéton pour la rendre plus intéressante. La rue Saint-Hubert, qui est la deuxième artère la plus importante à Montréal, est une véritable piste de course, qu’on utilise pour le transit, au lieu de servir pour du magasinage de proximité. Je rêve de lui redonner un caractère unique, un oumpf et ça, ça prend des investissements majeurs.
« Il y a toutes sortes de problèmes à régler, et parfois, ça ne prend pas grand’chose. Par exemple, sur la rue Masson, on a mis des carrées d’arbres avec plus de bancs et ça l’a rendue plus humaine. Ç’a tout changé. C’est ça qu’il faut faire avec la Plaza », conclut-il.