Les groupes en alphabétisation sont moribonds
Le collectif Lettres en main, fondé en 1982 sur la 12e Avenue, n’a plus les moyens de soutenir la demande. Québec a annoncé que leur subvention récurrente ne sera pas indexée sur le coût de la vie.
Cela fait sept ans que la somme globale qui leur est envoyée par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport n’a pas augmenté.
« On était déjà des vaches maigres, on va l’être encore plus », déclare Hélène Ranger, formatrice depuis 2001.
Tous les mois, l’organisme revoit ses prévisions budgétaires. Les groupes affichent complet, certains participants sont sur des listes d’attente depuis plus d’un an.
« On manque de sous, donc on travaille plus pour aller chercher de l’argent auprès de bailleurs de fonds ou dans le cadre de programmes subventionnés pour l’édition de nos brochures », indique Mme Ranger.
Réduction des salaires
Les cinq employés (dont deux temps partiels) travaillent en moyenne 40 heures au lieu de 32 pour le même salaire. « Cela revient à une baisse de 16 % de nos revenus », dit la formatrice.
Au total, trois ateliers ainsi que les sorties culturelles et les fêtes de fin d’année ont été supprimés.
« Nous ne donnons plus les ateliers en calculs et en informatique, car nous n’avons pas les moyens d’engager un formateur », dit Mme Ranger.
L’employée déplore aussi la suppression de programmes au sein des ministères de la Santé et des Services sociaux et de l’Éducation, du Loisir et du Sport.
« Nous allions chercher 25 000 $ chaque année pour la publication de nos brochures, ça aidait énormément l’organisme. Depuis deux ans, il faut faire autrement, car le programme n’a pas été reconduit », raconte Mme Ranger.
« Avec tout ce qu’on vit, le ministre Bolduc et ses 215 000 $ qu’il est allé chercher en prime comme médecin, ça représente pour nous deux ans de subvention », ajoute-t-elle.
Elle ajoute que le ministre Bolduc a aussi suggéré aux commissions scolaires de ne plus prêter de locaux aux organismes communautaires.
« Cela met en péril au moins deux groupes à Montréal : le Carrefour d’éducation populaire de Pointe-Saint-Charles et le CÉDA – Secteur alphabétisation (Comité d’éducation aux adultes de la Petite-Bourgogne et de Saint-Henri) », dit-elle.
« Notre bail se termine en mai 2015 et on n’a aucune information sur ce qui va se passer ensuite », confirme Nathalie Germain du CÉDA.