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Boîtes de dons : « Ils sont en train de nous tuer »

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
« J’ai très peur pour notre fondation, [les arrondissements] sont en train de nous tuer. J’ai l’impression que ce nouveau règlement sera aussi restrictif qu’à Villeray, Saint-Léonard ou LaSalle, ce qui va nous contraindre à retirer nos boîtes de dons », craint Philippe Siebes, directeur général du Support, un organisme qui finance les associations venant en aide aux personnes atteintes de déficience intellectuelle, en parlant du règlement que compte adopter Rosemont – La Petite-Patrie.

Au total, la fondation a installé 450 bennes métalliques dans la grande région métropolitaine, dont une quinzaine sur le territoire de RPP.

En 2012, selon les données publiées sur le site de l’Agence du revenu du Canada, le Support a distribué près de 1,5 M$. De cet argent, 95 % provenait de la vente de vêtements usagés.

« Il y a 1 an et demi, deux ans, il n’y en avait pas de problèmes. Mais depuis, les fausses fondations ont envahi le marché et tout le monde en souffre. On remarque une baisse d’environ 35 % de nos dons de vêtements en deux ans.

« Nos profits sont passés de 1,5 M$ en 2012, à un peu moins de 1,1 M$ en 2013. Selon nos prédictions, on s’attend à 600 000 $ pour cette année . On n’a plus d’argent. Je reçois des demandes d’aide auxquelles je ne peux pas répondre, car ma banque est bustée », déplore M. Siebes.

Une situation qui risque d’avoir de graves répercussions auprès des organismes communautaires locaux.

« Le plus gros bénéficiaire de notre aide, c’est RPP. L’organisme qui nous a fondé, c’est l’Association québécoise pour l’intégration sociale (AQIS) qui a pignon rue Dandurand. La moitié de nos revenus sont remis à cet organisme. Depuis notre création, on a remis près de 10 M$ à des organismes rosemontois, que ce soit l’AQIS, le regroupement pour la trisomie 21, la Gang à Rambrou, le Mouvement des personnes d’abord, etc. », fait valoir M. Siebes.

Ne pas pénaliser les organismes dits légitimes

S’il avoue que la situation actuelle a des airs de Far West et qu’une réglementation est nécessaire pour baliser l’implantation des boîtes de dons, il souhaite que celle-ci ne pénalise pas les organismes dits légitimes.

« À Saint-Léonard, on limite ça aux grandes artères, sur le terrain de commerces qui ont plus de 2000 mètres carrés. Les boîtes doivent être adossées au mur du commerce. CUn tel lieu, c’est pratiquement impossible à trouver. Quand on y arrive, il s’agit de grosses compagnies dont le siège social est à l’extérieur du Québec et qui ne veulent rien savoir. À Villeray et LaSalle, ce n’est pas mieux. Je mets au défi les élus de trouver des emplacements où installer nos boîtes », dénonce-t-il.

Afin de régler cette situation, M. Siebes a développé, avec l’aide d’une firme d’avocats spécialisés en droit municipal, un cadre réglementaire qu’il présentera aux édiles. Celui-ci propose de restreindre aux organisations dûment enregistrées auprès de l’Agence du revenu du Canada le droit d’installer et d’exploiter des bennes de collecte.

« Avec ça, on règlerait 90 % du problème », estime-t-il.

Dans les prochains jours, il entend solliciter une rencontre avec le maire de RPP, François W. Croteau, pour plaider sa cause.

« Ma plus grosse préoccupation en ce moment, ce n’est pas la compétition, mais plutôt les arrondissements. Ce sont eux qui vont nous mettre à terre », conclut-il, visiblement découragé.

 

Pour en savoir plus:

Charité et vêtements usagés: un marché convoité

Organismes et vêtements usagés: dépendre des dons

Encadrer la philantropie

Une riposte au marché existant

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