Des signalements, mais aucune plainte « reconnue » à HMR
Au cours des trois dernières années, « aucune plainte n’a été reconnue comme étant du harcèlement psychologique », affirme Jean-Philippe Ferland, directeur des ressources humaines à l’HMR.
« En 2011-2012, on a eu 24 signalements, en 2012-2013, on en a compté 13 tandis que pour la période 2013-2014, on en a répertorié 25. De ce nombre, aucun n’a été reconnu comme étant de l’oppression psychologique.
« Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de problématiques : ces cas peuvent être liés à plusieurs facteurs, que ce soit un manque de civilité, à une relation interpersonnelle conflictuelle; mais ce n’est pas du harcèlement psychologique au sens de la loi », précise-t-il.
M. Ferland soutient que la majorité des conflits signalés (65 %) n’opposent pas un supérieur immédiat à un employé, mais concernent plutôt deux salariés.
« Pour régler ces conflits, aucune médiation n’a été nécessaire. Souvent, ça s’est réglé en discutant avec la personne concernée et le responsable du mécanisme de prévention et de gestion des plaintes. On est chanceux. Habituellement, on n’a pas besoin d’aller très loin dans le mécanisme pour que ça se règle, dans un laps de temps relativement court », indique-t-il.
Mieux vaut prévenir que guérir
L’établissement de santé a adopté sa ligne de conduite il y a une dizaine d’années, soit au lendemain de l’intégration de dispositions législatives relatives à ce type d’oppression à même la Loi sur les normes du travail.
« Notre politique intitulée Prévention et gestion du harcèlement psychologique en milieu de travail s’applique à tous les employés de l’hôpital. Elle encadre et définit ce qu’est le harcèlement, puisqu’il s’agit d’un concept souvent très mal interprété. On y précise aussi la marche à suivre pour porter plainte », laisse savoir M. Ferland.
Plan d’action
Pour éviter de se rendre devant la Commission des relations de travail (CRT), l’HMR affirme mettre l’accent sur la sensibilisation.
« On mise sur la prévention, car lorsqu’il y a du harcèlement psychologique, il est déjà trop tard », fait-il valoir.
Campagnes publicitaires internes, formation annuelle dispensée aux cadres, création d’un code de conduite ainsi que nomination, pour un mandat de deux ans, d’une personne chargée d’analyser les différentes plaintes de manière confidentielle : plusieurs mesures sont déployées pour empêcher qu’une situation problématique ne dégénère.
« Le responsable du mécanisme de prévention et de gestion des plaintes est un membre de la direction des ressources humaines qui reçoit les griefs en harcèlement psychologique. Il vérifie s’ils sont recevables et s’il s’agit bel et bien d’un cas de harcèlement. Il est le seul à avoir accès aux détails de la plainte.
« En janvier 2013, on a développé le Code de civilité, qui définit les comportements à adopter, comme la collaboration, la bonne communication et le respect. Il est remis à tous les employés », expose M. Ferland, mentionnant que le document a été rédigé en collaboration avec les différents syndicats.
Si depuis l’implantation de cette politique, les employés sont mieux informés sur ce qu’est le harcèlement psychologique et connaissent davantage les recours à leur disposition, on ne dénote « aucun changement majeur » dans les comportements, soutient le directeur des RH.
Dans le cadre de ce reportage, le Journal de Rosemont a sollicité une entrevue auprès de Marc Cuconati, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont. Au moment de publier ces lignes, il n’a pas été possible de lui parler.