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« Je veux qu'on se souvienne d'elle » – Marlène

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Près d’un mois après le décès tragique d’une adolescente de 17 ans au motel Chablis, au terme de ce qui semble être une dispute amoureuse, sa famille peine à s’expliquer les raisons de ce drame. Malgré l’incompréhension, elle a décidé de témoigner, pour éviter qu’un tel malheur ne se répète.

Marlène, la mère de la victime, Christine, sa demi-sœur, et Mourad, son beau-père, nous reçoivent dans leur appartement du quartier Mercier-Ouest, arborant un t-shirt à l’effigie de la défunte. Dans le salon, l’urne contenant les cendres de l’adolescente trône sur un petit buffet, à côté d’une photo la représentant.

« Je veux qu’on se souvienne d’elle, qu’on sache qu’elle a existé », insiste, d’entrée de jeu, Marlène, qui déplore qu’une ordonnance de non-publication empêche les médias de nommer sa fille.

Fonceuse, disciplinée, enjouée, mature et généreuse; la victime était une « enfant modèle », selon son entourage.

« C’était une fille généreuse, elle avait le cœur sur la main. Elle avait besoin de se sentir utile. Son dicton préféré était : la vie est simple, pourquoi la compliquer.

« Je n’étais pas seulement sa maman; nous étions les meilleures amies et de très grandes complices. Elle se confiait à moi, et vice-versa. Elle était un modèle », confie sa mère.

« C’était une personne très orientée vers la famille. On écoutait des films et des émissions collées, sa jumelle Chloé, elle et moi », ajoute Christine, inconsolable.

Promise à un bel avenir, celle qui terminait sa cinquième secondaire à l’école Marguerite-De Lajemmerais rêvait de devenir infirmière clinicienne.

« C’était une personne qui était très, très organisée, indique Marlène, classeur et agenda de l’adolescente à l’appui. Elle voulait avancer, or, elle se rendait compte que lui n’allait nulle part. »

Lui, c’est Jonathan Mahautière, 18 ans. La victime l’a rencontré à la Place Versailles, il y a à peu près deux ans. Ils ont alors commencé à se fréquenter.

Le soir fatidique

Le soir du drame, l’adolescente a quitté le domicile familial, sans emporter ses clés, ce qui laisse croire à ses proches qu’elle ne comptait pas s’absenter bien longtemps.

Or, une fois le couvre-feu passé, les membres de sa famille commencent à s’inquiéter. Ils contactent donc les autorités et ses sœurs partent à sa recherche dans le voisinage. Ce sont finalement elles qui la retracent au motel Chablis, où les policiers ont déjà été dépêchés sur les lieux.

« Elle était déjà partie en ambulance », mentionne Christine.

Les agents se sont ensuite présentés au domicile où Marlène et Mourad faisaient le guet.

« C’est la pire journée de ma vie… J’étais dans l’attente de la voir. Ce sont eux qui m’ont appris son décès, en me montrant une photo. Elle était tellement amochée. Quand ils m’ont demandé de m’asseoir, j’ai compris », dit Marlène, la voix nouée.

Si les dernières semaines ont été un tourbillon d’émotions, ce n’est que maintenant que la famille commence à ressentir l’absence d’une des leurs.

« Sur le coup, je n’ai pas réalisé que c’était vrai. Ce n’est que lorsqu’on a récupéré le corps que j’ai saisi. J’étais sur le pilote automatique pour que ses funérailles soient à son image; c’était sa journée. Mais depuis, je ne vis plus bien. C’est pire qu’avant. Elle nous manque terriblement.

« Sa place n’est pas ici [sur la tablette du salon]. J’ai l’intention d’aller disperser la moitié de ses cendres en Gaspésie, d’où je suis originaire, et l’autre moitié en Algérie, d’où vient Mourad. Elle voulait voyager et visiter cet endroit. De cette manière, elle va faire le tour du monde », conclut Marlène.

 

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