11 ans et déjà solidaire
Lorsque Damian Kube, 11 ans, jeune amateur de piano et de Tolstoï, a entendu parler du cyclone Haruna aux nouvelles télévisées en février dernier, il s’est tout de suite dit qu’il voulait aider les sinistrés malgaches. On parlait alors de 17 000 personnes touchées par le désastre, de 15 000 foyers détruits par les eaux et le vent ainsi que de 13 morts. Le cyclone a eu un impact considérable : insécurité alimentaire, destruction ou contamination de nombreux puits, risques d’épidémies, etc.
Damian s’est renseigné sur le sujet. Il a préparé une présentation orale en classe sur la catastrophe. « Nous avons tous été touchés par la présentation de Damian. Quand il a dit que nous devrions faire quelque chose pour les aider, nous ne pouvions pas refuser, observe Mme Marie Jocelyne Pepin, enseignante à l’école Saint-Marc. Cela venait vraiment du cœur. Toute la classe a immédiatement acquiescé à la proposition de Damian. »
Dès lors, un comité d’élèves de 5e et de 6e années s’est formé autour l’écolier. À ce petit groupe s’est joint Mylène Lafortune, la psychoéducatrice de l’école et la directrice de l’école, France Vézina. Émue par la demande de ses élèves, celle-ci a décidé d’offrir son aide afin de mener ce projet à terme. « Ils avaient tellement de bonnes intentions. J’étais incapable de dire non. Cependant, il nous fallait baliser le projet pour le rendre plus réalisable. Je les ai surtout aidé à ce niveau-là », explique la directrice.
S’unir pour aider
Damian et ses « collègues », comme il les appelle, dont Romane Daigle, Camilia Frih Bengabbou et Raphaëlle Jouannaut, ont alors visité chacune des classes de l’école pour sensibiliser les autres élèves et le corps enseignant. Les trois écoliers avouent avoir trouvé cette étape très intimidante au début, mais ont vite apprécié l’expérience. « Les petits de la maternelle étaient vraiment mignons. Lorsque je leur ai expliqué ce qu’était un cyclone, certains nous ont demandé si cela voulait dire que la nature était fâchée », raconte Romane en riant. Plusieurs élèves ont alors décidé de participer en écrivant des lettres ou des cartes d’encouragement.
Outre ces tournées dans les classes de leur école, les élèves du comité « Aide humanitaire », notamment Valérie St-Roch et Jade Laporte, ont également parcourus les rues à la recherche de commanditaires. « On a été impressionné par la générosité des gens. On a eu beaucoup de dons dans les dépanneurs, les centres dentaires, les pharmacies et certaines entreprises du quartier », déclare un Damian très énergique.
Rapidement, les deux pots placés dans la classe se sont remplis d’argent alors que les dons matériels, principalement des produits pharmaceutiques, ont été placés dans deux grosses boîtes.
« Nous avons appris que c’était bien d’offrir son aide aux autres. J’étais très fière, mes parents aussi. », affirme Camilia. Même chose pour Damian et Romina. Mme Pepin et Mme Vézina confirment qu’en effet, une des répercussions, c’est cette fierté qui irradie sur l’ensemble de l’école. De plus, elles ont observé l’ouverture d’esprit que développe ce genre d’initiative. « Comme ce quartier est très homogène, c’était une bonne idée, explique Mme Vézina. Un projet comme celui-là ouvre les frontières et permet aux jeunes de s’informer sur ce qui se passe ailleurs. »
Rémy-Paulin Twahirwa