Les cégeps font leur cinéma
Dans une salle du cinéma Beaubien, ce 17 janvier en début d’après-midi, les responsables de cet événement sont venus expliquer les raisons mêmes de ce rendez-vous cinématographique collégial devant des dizaines de professionnels du cinéma, de professeurs et étudiants, tous amateurs du 7e art d’ici.
« L’an dernier, on a lancé cette idée de faire voir les productions québécoises aux cégépiens et de leur demander de débattre et de décider du film qui les touchait le plus parmi les cinq finalistes. Une quinzaine de cégeps ont embarqué dans l’aventure. Les étudiants ont finalement choisi En terrain connu, de Stéphane Lafleur, comme étant le meilleur film québécois 2011.
« Cette année, le nombre de cégeps participant a doublé, preuve que les étudiants veulent voir des films d’ici et qu’il faut, pour cela, leur en faciliter l’accès. C’est le cinéma québécois qui en sort gagnant », explique Stéfanie Martin, professeure au cégep Saint-Laurent et membre de l’équipe qui organise l’événement.
Pour Pierre Even, président du conseil d’administration de Québec Cinéma, partenaire du Prix collégial du cinéma québécois, et producteur de Rebelle, film qui sera aux Oscars dans la catégorie Meilleur film étranger, cette approche cinématographique auprès des cégépiens est essentielle.
« Il faut amener les jeunes vers le cinéma québécois. Il s’agit là d’une priorité absolue. Un Prix comme celui-ci permet de ressortir Rebelle et de le montrer à un jeune public. Qu’un nouveau public puisse y avoir accès, c’est génial. Vous savez, le premier dollar dépensé par des adolescents, c’est souvent pour aller au cinéma. Malheureusement, c’est pratiquement tout le temps pour aller voir un film américain. Il est important de favoriser nos films, dès le secondaire, avec, par exemple, des sorties parascolaires au cinéma, ou encore, pour les plus vieux qui ont une vue plus critique des œuvres, par des événements comme celui-ci.
« Franchement, on est évidemment très content d’être aux Oscars, c’est un rêve, mais l’important c’est que notre film soit vu. Par un public plus jeune, c’est encore mieux parce que ça amène de nouveaux spectateurs à voir les productions d’ici », dit-il.
Former le spectateur de demain
La comédienne, réalisatrice et productrice Micheline Lanctôt est marraine du Prix collégial du cinéma québécois. Pour elle aussi, il faut créer des liens entre les films québécois et le jeune public.
« Le nombre de salles qui projettent les films québécois est minime par rapport aux grands complexes qui laissent toute la place aux films américains. Il y a l’Excentris, qui est menacé de fermer ses portes, et il y a le cinéma Beaubien. Sinon, c’est pratiquement impossible pour nos films de se battre contre les blockbusters américains pour avoir une grande présence dans les salles québécoises. C’est d’ailleurs un grave problème; on doit sensibiliser les plus jeunes pour leur montrer qu’il y a autre chose et que nous faisons, ici, de superbes films. Ce Prix collégial en fait la preuve; les participants aiment débattre entre eux et parler de ce qui les a touchés. Il ne faut pas plier et aller dans la simplicité, il faut plutôt les amener à s’élever, pour ainsi former une belle génération de spectateurs critiques. »
Le 25 mars, les représentants des 30 cégeps participants débattront du meilleur film québécois 2012. Le gagnant et récipiendaire du Prix collégial sera connu le lendemain.
– Pour en savoir plus: www.prixcollegialducinema.ca.