Christian Bégin : le plaisir d’être un éternel pigiste
« Je bois quotidiennement, c’est vrai, mais de façon modéré, et non, je ne fume pas de drogue. Alors, je n’ai aucune idée de quelle façon un gars comme celui-là « pop » dans ma tête. C’est inexplicable, mais très plaisant par ailleurs », dit l’auteur et comédien, quand on lui demande d’où émane de telles idées de personnage.
Cinquième pièce donc pour la troupe de théâtre composée de Christian Bégin, Marie Charlebois, Patrice Coquereau, Pier Paquette et Isabelle Vincent. Le plaisir, encore et toujours, sera au rendez-vous dans ce Après moi, souligne l’auteur.
« Nous, on garde en tête de faire du théâtre dans une forme plutôt classique et accessible. On veut plaire tant à l’amateur de théâtre qu’à celui qui en est à une première expérience. Comme on aime le dire, on mélange l’humour et le tragique, le sublime et le grotesque. C’est un peu ça la formule des Éternels Pigistes. Je pense que les gens qui nous suivent sont en mesure de voir, percevoir et ressentir notre complicité et notre plaisir à être ensemble. Il y a une chimie extraordinaire entre nous, tant sur la scène que dans la vie. Je suis vraiment chanceux de vivre cela avec eux. »
Sortir du plateau… au propre comme au figuré!
Contrairement à la pièce précédente, Pi…?!, la nouvelle création de Christian Bégin ne se déroule pas dans un milieu urbain. L’auteur a voulu sortir ses personnages du Plateau Mont-Royal, les entraînant plutôt dans un motel en périphérie de Val d’Or.
On y suit donc trois histoires parallèles. Celle d’un couple qui se rencontre, d’un autre qui se cherche et d’un homme qui veut mourir.
« Je voulais écrire un huis clos sur la nécessité de l’empathie, sur l’importance capitale de la présence et de l’existence de l’autre. Une fois cela défini, j’ai inventé les personnages et le lieu. Je voulais les sortir du Plateau et de Montréal. Val d’Or, je trouvais que c’était parfait! »
Il est à noter que Christian Bégin a lui aussi, comme les personnages de Après moi, quitté en juillet dernier le Plateau Mont-Royal, après y avoir vécu durant 30 ans. Non, il ne s’est pas installé à Val d’Or; c’est plutôt dans Rosemont – La Petite-Patrie, tout près de la Promenade Masson, qu’il a trouvé un appartement à son goût… et à son prix!
« J’ai une maison à Kamouraska depuis peu et le loyer de mon appartement sur le Plateau me coûtait plus cher que mon hypothèque. Ça n’a pas de sens cette hausse prohibitive. Après 30 ans, je me suis donc décidé et j’ai quitté. J’ai maintenant un appartement proche de Masson, à mon goût, pas trop cher. Mais j’ai bien de la difficulté à ne pas aller faire mes courses sur Laurier, là où j’habitais. Mais bon; je m’habitue. J’aime bien comment Masson se développe. L’apprivoisement se passe bien! »
-La pièce « Après Moi », à La Licorne, du 13 mars au 14 avril : www.theatrelalicorne.com.