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L’année Girard

Beauchemin Philippe - TC Media
Sur la scène politique, Rosemont – Petite-Patrie a subi de nombreuses surprises en cette année 2011. Un divorce, un changement de parti et une élection fédérale plus tard, le portrait public du quartier a bien changé. C’est pourtant le travail d’un député de parti d’opposition qui a le plus retenu l’attention au cours des 12 derniers mois. Entrevue avec Nicolas Girard, représentant de Gouin, par qui le scandale des garderies a été dévoilé.

C’est au mois d’août 2008 que le député a été nommé porte-parole pour le Parti québécois en matière de famille. Voulant connaitre la situation et rencontrer les gens qui oeuvrent auprès des familles, il a alors débuté une tournée du Québec, allant à la rencontre des travailleurs des centres de la petite enfance et des garderies, des parents et des intervenants qui ont à cœur la petite enfance.

« Des directeurs de CPE me parlaient de projets qu’ils avaient déposés au ministère pour de nouvelles places en garderie. Des projets qui ont été rejetés au détriment d’autres promoteurs qui n’étaient pas connus dans le milieu des services en petite enfance.

« Un soir à l’Assemblée nationale, j’ai fait un croisement des données. J’ai consulté la liste des promoteurs auprès du ministère de la Famille, puis le Registre des entreprises, pour connaître le nom des administrateurs des entreprises en question et, finalement, la liste du Directeur général des élections, pour voir lesquels avaient contribué au Parti libéral. On y a vu un lien de cause à effet. »

Depuis, il ne se passe pas une semaine sans qu’on parle de ce que Nicolas Girard appelle le « scandale des garderies libérales. »

«On a découvert que sur 38 projets de garderies privées subventionnées, 25 étaient des promoteurs ou administrateurs qui avaient contribué pour 300 000 $ à la caisse libérale; que six propriétaires de garderie étaient sur l’exécutif de Tony Tomassi ; que deux organisateurs politiques de la députée de Jeanne-Mance Viger avaient aussi eu des places, de même que la présidente de comté à Anjou. Tu as aussi des gens qui sont des spécialistes de l’abatage de bovins de même que des agents d’immeuble qui ont reçu des permis de garderie après avoir contribué à la caisse du parti. Il faut le faire! Je cherche encore le lien avec la qualité des services offerts aux enfants. »

Les recherches du député de Gouin et de son équipe ont mené à la démission du ministre Tomassi en 2010 et à une enquête du vérificateur général qui a déposé, il y a quelques semaines, un rapport dévastateur sur la gestion faite par la ministre de l’époque, Michelle Courchesne, et sur l’octroi des places de garderie. M. Girard avoue que lorsqu’il a commencé à fouiller, jamais il n’aurait pensé que tout cela irait aussi loin. « Je ne m’étais jamais imaginé qu’un parti politique pourrait pervertir un système d’attribution de places en garderie à 7 $ pour financer sa caisse. Jamais cette idée ne m’était passée par l’esprit. »

Un CPE à Saint-Marc?

Voilà pour les garderies. Après une période de vacances, Nicolas Girard reprendra du service au début de 2012, mais cette fois en tant que critique en matière de transport, poste qu’il occupe depuis quelques mois déjà.

Il assure qu’il portera le même regard sur les dossiers et contrats octroyés dans ce secteur d’activités déjà mis à l’index par la presse et la population en général.

Sur le plan local, l’avenir de l’église Saint-Marc, sur Beaubien, retient son attention et une annonce devrait être faite en cours d’année sur sa conversion.

« L’église est située dans un secteur central et il faut travailler sur un projet qui aura des retombées pour l’arrondissement et qui offrira des services à la population. Étant à proximité de l’école Saint-Marc, d’un parc et du cinéma Beaubien, de même que de plusieurs commerces, on travaille sur différents scénarios. »

Et pourquoi ne pas y mettre un CPE ? « Il faut d’abord identifier des lieux et des terrains qui sont disponibles. Et ils ne sont pas nombreux. Saint-Marc, oui, est un lieu envisagé. »

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