Fin de l’harmonie entre les élus?
Une première salve a été donnée par le conseiller de Saint-Édouard, François Limoges, membre de Projet Montréal. Après que les deux conseillers de la nouvelle opposition officielle, Élaine Ayotte et Pierre Lampron, eurent dénoncé le changement d’allégeance du maire, il n’a pas mis de gants blancs pour répliquer.
« J’aurais aimé éviter un débat ce soir, mais bon, c’est déjà commencé.. Si votre parti incarnait autre chose que de l’électoraliste pour plaire aux groupes de pression, aux lobbies et aux syndicats, peut-être que vous auriez un vrai programme à présenter. Mais pour l’instant, quand vous êtes en mal du statu quo à l’Hôtel de Ville, vous vous inspirez de notre programme, et vous le faites sans gêne », a-t-il d’abord dit, avant de directement cibler le travail de M. Lampron.
« Votre légitimité implique d’être présent, M. Lampron. Vous êtes au bureau trois quarts d’heure par semaine et j’aimerais bien savoir combien de fois vous êtes allé dans le Vieux-Rosemont, votre district, au cours des dernières semaines. Ne vous gênez pas pour répondre, parce qu’on aimerait vraiment le savoir.
« (…) Vous faites votre 35 heures, mais sur une base annuelle. Vous ne retournez pas vos appels, vous ne faites pas le suivi de vos dossiers; vous êtes aux abonnés absents. Et franchement, le salaire que vous empochez comme conseiller de ville, vous l’empochez bien gratuitement. »
Pas de tapisserie
Rencontré quelques minutes après, M. Lampron a admis qu’il travaillait beaucoup à partir de son bureau de l’Hôtel de Ville de Montréal, ce qui lui laissait moins de temps pour être présent dans le Vieux-Rosemont.
« Je suis critique en matière de finances et cela me prend beaucoup de temps, c’est vrai. Mais tout le monde voit l’énergie que je mets dans mon rôle. Et cela ne m’empêche pas de bien faire mon travail de conseiller, d’intervenir auprès des citoyens et de faire le suivi de mes dossiers. Je trouve dommage le coup de sang de mon ami Limoges, alors qu’il sait fort bien que je suis un actif important pour Rosemont. Ce n’est pas dans ma nature (de contre-attaquer). Je ne suis pas un agitateur. Sachez que je gagne chaque dollar qui est lié à ma fonction.
« J’ai fait un choix dès le début de mon mandat, poursuit-il. Je n’ai ni l’âge ni la volonté de faire de la tapisserie et de me présenter à des événements simplement pour faire acte de présence. Je ne vais pas aux bines, c’est vrai. Je règle plutôt des problèmes. »