Soutenez

150 enfants privés de repas chauds

Photo: Stéphanie Maunay/TC Media

L’annonce a été reçue comme une onde de choc dans La Petite-Patrie. La Commission scolaire de Montréal (CSDM) a décidé de mettre fin à l’aide alimentaire bonifiée, dès la prochaine rentrée. Une mesure qui permet aux enfants des écoles défavorisées de recevoir des repas chauds à petit prix.

Dans le quartier, 150 élèves des écoles La Petite Patrie – Pavillon Notre-Dame-de-la-Défense et La Mennais bénéficient actuellement de ce programme.

«On ne parle pas d’enfants riches, s’indigne Françoise David, députée de Gouin. C’est dramatique. Je veux essayer d’avoir une rencontre avec la CSDM pour voir ce qu’on peut faire ensemble.»

La décision a été annoncée le 28 avril. «C’est un choix déchirant que nous avons dû faire, justifie Jean-François Gosselin, commissaire scolaire Petite-Patrie–Rosemont-Ouest. On s’est trouvé à devoir prendre une décision, car nous avons la volonté de revenir à l’équilibre budgétaire. C’est ce que nous demande le gouvernement.»

L’an dernier, un budget de 1,3 M$ a été consacré à cette mesure bonifiée. Pour compenser cette perte, la CSDM a notamment l’intention de donner davantage de collations. Au final, elle s’attend réaliser une économie de 800 000 $.

Les impacts
Le programme coûte 2 $ par jour aux parents; 1 $ pour le repas et 1 $ pour la surveillance des enfants. Sans cette aide, il en coûterait plus de 5 $, uniquement pour la nourriture.

fin aide alimentaire
Fatima Matrane et Anna Grimaldi.

Dans La Petite-Patrie, c’est la Maisonnette des parents qui se charge de l’aide alimentaire, depuis de nombreuses années.

Avec l’arrêt de cette mesure, une dizaine de postes sont sur la sellette au sein de l’organisme. Mais, les intervenantes pensent surtout aux enfants.

«C’est alarmant, lance Fatima Matrane, cuisinière et responsable de la sécurité alimentaire à la Maisonnette. On va voir le retour du phénomène de « la clé autour du cou ». Les enfants vont se promener dans les rues, le midi, s’ils n’ont plus personne pour veiller sur eux.»

Stéphanie, Alexio, Jason, Mohamed ou encore Alexis sont quelques-uns des élèves qui bénéficient du programme.

«C’est mieux d’être ici que de manger tout seul», note l’un d’eux. «Si ça devait arrêter, moi je me mettrais à pleurer», ajoute un autre. «Ça serait vraiment poche», lâche un troisième.

Chaque midi, ils se retrouvent en compagnie de Fatima, Anna, Cindy et les autres employés de la Maisonnette, avec, dans leur assiette, légumes, viandes, poissons et autres salades. Des repas chauds et équilibrés élaborés en concertation avec la CSDM.

«Sans cette aide, je ne pourrais jamais offrir le même type de repas à ma fille, confie Caroline Chantefort, l’une des mères bénéficiaires. C’est énorme. Ça soulage sur le plan financier. Je suis super déçue et révoltée. Je me demande vraiment pourquoi ils abolissent cette mesure.»

Mme Chantefort estime qu’elle pourra «se débrouiller» à la rentrée, mais ce ne sera pas le cas de tous les parents.

«Le lundi, c’est la journée des pâtes, raconte Anna Grimaldi, l’une des surveillantes de la Maisonnette. On a toujours des plats qui débordent, car les enfants nous en redemandent. Ils reviennent de leur fin de semaine et je l’avoue, on ne sait pas toujours ce qu’ils ont à manger chez eux.»

Les employés de l’organisme espèrent qu’une solution sera trouvée pour continuer à servir les enfants à la prochaine rentrée scolaire.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.