«Il faut désenclaver Saint-Laurent», martèlent les cyclistes
Tout ne roule pas sur des roulettes à Saint-Laurent. Des cyclistes déplorent le peu de mesures mises en avant par l’administration DeSousa pour faciliter les déplacements des cyclistes et le manque de cohésion avec les arrondissements avoisinants.
Pour se rendre au travail chaque matin, Sébastien Carrillo et Ronald Houde empruntent les rues de Saint-Laurent à vélo. Les deux grands amateurs de bicyclette conviennent: l’arrondissement est un bel endroit pour pédaler, mais ce n’est toujours sécuritaire.
Limité par des autoroutes au sud, à l’est et à l’ouest, le territoire laurentien est enclavé et il est donc très difficile de quitter la Ville. Ceux qui s’y aventurent, c’est à leurs risques et périls, dénoncent les cyclistes.
«Il y un manque de communication et de cohésion entre les arrondissements. Quand je suis à vélo et que je passe de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce à Hampstead, la piste cyclable disparaît comme par magie et aucun raccordement n’est là, explique Ronald Houde. Entre Mont-Royal et Saint-Laurent, c’est la même chose, il n’y a aucune intégration, aucune piste cyclable, aucune infrastructure. Ça fait dur.»
L’homme de 57 ans, ingénieur informatique, juge la situation dangereuse. Lorsque des voitures, des poids lourds et des piétons partagent la route, il faut être constamment sur ses gardes. «Ça décourage beaucoup de gens. Beaucoup ne font pas de vélo justement parce que c’est trop dangereux», ajoute-t-il.
Même son de cloche du côté de Vélo-Québec. Marc Jolicœur, directeur de la recherche, mentionne que ce sont les liens pour sortir de l’arrondissement qui laissent à désirer.
«Le territoire est bordé presque complètement par des autoroutes et des voies ferrées, alors les liens vers l’extérieur sont peu nombreux, admet M. Jolicœur. Mais la circulation à l’intérieur même de l’arrondissement, c’est convenable. Les rues sont paisibles et il est facile d’y circuler.»
Bandes cyclables toujours attendues
Sébastien Carrillo, qui porte à cœur le développement du vélo dans son quartier, a identifié au cours des dernières années les endroits problématiques qui nécessitent une intervention rapide: l’avenue Sainte-Croix (bande cyclable toujours attendue), l’intersection de l’avenue Sainte-Croix et du chemin de la Côte-de-Liesse (nombreux nids-de-poule, bande cyclable toujours attendue), la rue Montpellier (bande cyclable toujours attendue), rue Lebeau (face à face direct avec les automobiles), les boulevards Côte-Vertu et Henri-Bourassa (artères très achalandées sans bandes cyclables), etc.
«C’est quand même fou que sur l’avenue Sainte-Croix, ça prenne plus d’un an pour faire une ligne. J’ai déjà dit au conseil que s’ils (les élus) me donnaient un gallon de peinture, je la ferais moi la piste cyclable», s’exclame Sébastien Carrillo. D’ailleurs, sous le viaduc de l’avenue Sainte-Croix, les cyclistes doivent partager le trottoir avec les piétons.
Selon M. Carrillo, ces quelques problèmes ne sont pas insurmontables et ne coûteraient pas grand-chose à la Ville.
Pour sa part, Ronald Houde estime qu’une des solutions à envisager serait de centraliser le réseau cyclable. Si la ville centre s’occupait du dossier vélo pour tous les arrondissements, il n’y aurait pas ce manque de cohésion évident, soutient-il.
«Une fois à la frontière, les élus se disent: »pourquoi faire une piste cyclable qui va jusqu’à Mont-Royal, si Mont-Royal ne fait rien de notre côté? ». Il faut faire de l’intégration interarrondissement, affirme M. Houde. On doit voir au-delà de la peinture et développer un vrai réseau cyclable.»
Les bonnes conduites à avoir en vélo selon Vélo-Québec:
Rouler à droite de la chaussée sur les routes à double sens.
Faire ses arrêts et respecter les feux de circulation.
S’assurer d’être visible. L’éclairage la nuit est obligatoire.
Rouler sur la route: les cyclistes sont interdits sur les trottoirs.