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Oscar Mitri: le photographe nomade

Ewan Sauves

Le photographe de Saint-Laurent Oscar Mitri a posé pour de bon ses valises au Québec il y a 25 ans, mais ses rencontres avec les peuples du monde entier le hantent encore aujourd’hui. Pour partager sa passion pour la photo, il a publié un ouvrage contenant ses plus beaux clichés. Entretien avec l’ex-photographe nomade.

Le Koweït en 1959, l’Île Socotra en 1971, le Yémen en 1972, les Îles Comores en 1975, le Bangladesh en 1978, Tombouctou en 1982, etc.: dresser la liste complète des pays qu’a visités Oscar Mitri serait trop laborieux.

Né au Caire, en Égypte, M. Mitri a foulé la terre de 176 villes dans 42 pays différents. Durant trois décennies, de 1960 à 1990, il est parti à la découverte de nombreux peuples, comme les Touaregs (habitants du Sahara central) et les Berbères (dans le désert de l’Atlas).

Nostalgique, le citoyen de Saint-Laurent  a présenté au public, en juin dernier, un ouvrage regroupant 192 de ses photos en noir et blanc. Intitulé Peuple: Coutumes et Traditions, le livre présente la vie des habitants du Tiers-Monde, surtout des peuples d’Afrique et d’Asie, au temps où la technologie n’existait pas. 

«J’ai été dans des pays défavorisés, j’ai vu des gens qui habitaient dans le désert, démuni de tout. Ça change d’aujourd’hui!» s’exclame l’homme de 77 ans.

Photographie documentaire

Ces photographies vielles d’un quart de siècle ont toutes été prises pour des magazines professionnels, dévoile Oscar Mitri.

Après des études secondaires au Collège Patriarcal du Caire et une formation spécialisée sur les diapositives en couleurs à Paris, M. Mitri est engagé par plusieurs maisons d’édition du Liban. Il collabore pour une revue mensuelle géographique en langue arabe et a pour mission de sensibiliser les lecteurs à la réalité du Tiers-Monde.

En 1960, Oscar Mitri est recruté par le ministère de la Culture et de l’Information du Koweït. Sa carrière s’envole: il fait ses bagages et part explorer les moindres recoins de l’Afrique et de l’Asie. Il réalise alors son plus grand rêve: faire de la photographie documentaire.

«Je pénétrais dans l’intimité des peuples et des tribus pour refléter leur vie, leurs coutumes et leurs traditions, explique le photographe professionnel. Je voulais savoir comment ils vivaient, ce qu’ils cultivaient. Je voulais rencontrer les gens, peu importe s’ils étaient juifs, chrétiens, musulmans, etc.»

L’heure de la retraite

En 1989, il atterrit au Québec avec son épouse et ses deux enfants. Il choisit de s’installer dans l’arrondissement de Saint-Laurent.

«J’ai décidé de prendre ma retraite à ce moment-là, même si je n’avais pas l’âge de la prendre, lance Oscar Mitri en riant. J’avais envie de me poser, rester auprès de mes enfants.»

Aujourd’hui grand-père de quatre petits-enfants, le photographe n’a pas encore posé définitivement son appareil photo. Il s’amuse encore à prendre des portraits… mais pour le plaisir cette fois-ci! Pour en savoir plus sur Oscar Mitri et ses voyages, visitez le site www.oscarmitriphotos.com.

Distinctions

– 1964: Il obtient deux médailles (argent et bronze) dans une compétition à la Foire International de New York.1970: Un trophée lui a été décerné à Expo Osaka, au Japon, pour son exposition de diapositives en couleur.

– 1983 et 1985: Il présente deux expositions de photos du Tiers-Monde à l’hôtel Hyatt Regency au Koweït, subventionné par le ministère de la Culture et de l’Information du Koweït.

– 2010 et 2012: Il présente trois grandes expositions à Montréal.

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