Aveos restera à Saint-Laurent, tranche la Cour
Le juge Martin Castonguay estime qu’Air Canada, la principale compagnie fournissant des contrats à Aveos, ne respecte pas la loi ayant mené à sa privatisation. Dans la Loi sur la participation publique au capital d’Air Canada, il est stipulé que la compagnie doit faire faire des travaux d’entretien de ses appareils à Winnipeg, Mississauga et Montréal.
La porte-parole d’Air Canada, Isabelle Arthur, a refusé toute demande d’entrevue. Elle a envoyé par courriel le message suivant: «Air Canada interjettera appel de la décision de la Cour supérieure du Québec, compte tenu de l’importance du sujet, et ne formulera aucun autre commentaire pour le moment.»
Joint au téléphone, Maxime Nicole, président du syndicat représentant les employés d’Aveos, s’est réjoui de la nouvelle. «C’est un pas positif dans la bonne direction, malgré qu’on ait appris qu’Air Canada conteste la décision», a-t-il déclaré.
Il est trop tôt pour déterminer quel sera le sort des employés licenciés qui se cherchent encore du travail. «Il va falloir attendre les résultats de la Cour d’appel», précise M. Nicole.
Mais le mal est fait, selon lui. «L’expertise qu’il y avait en maintenance à Air Canada, c’était la meilleure au monde, qui est allée ailleurs. Ils ne sont peut-être pas intéressés à travailler de nouveau avec Air Canada», conclut-il.
Le député de Saint-Laurent, Jean-Marc Fournier, avait déposé la requête en justice l’année dernière. «Nous avons eu gain de cause et j’en suis très heureux», a-t-il déclaré en entrevue après le jugement.
Sans oublier de saluer les efforts du syndicat, M. Fournier indique que les obligations d’Air Canada stipulées dans la loi de 1988 sont claires.
Le député de Saint-Laurent est ptimiste quant à l’impact économique de ce jugement. «Air Canada à l’obligation de faire de gros entretiens à Montréal. Ça s’applique en ce moment. Air Canada doit rapatrier des emplois ici.»
La question n’est pas qu’économique, elle est politique, pense le député. Selon lui, il s’agit d’un «compromis politique, contracté dans une loi»