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Consultation publique sur l'arrivée du centre de compostage de Saint-Laurent

Le tout Saint-Laurent s’est donné rendez-vous le 9 octobre au centre des loisirs afin d’assister à la consultation publique sur le projet de centre de traitement des matières organiques du secteur ouest.   Après avoir dévoilé de nouvelles informations sur le centre de compostage qui se construirait à Saint-Laurent sur le boulevard Henri-Bourassa près de l’autoroute 13, les représentants de la Ville de Montréal ont répondu aux questions des citoyens.

La présentation

La présentation a débuté par un portrait de la situation. Le Montréalais moyen produit  514 kg de déchets par année. 300kg deviendront des ordures ménagères enfouies, 21kg sont des matières organiques qui sont récupérées. À moyen terme, la Ville souhaiterait récupérer 60% de la matière compostable, ce qui prépara la ville à l’interdiction d’enfouir des matières organiques en 2020. 

Dans cette optique, la Ville de Montréal et les autres villes de la région métropolitaine, prévoit la construction de quatre centres de traitement des matières organiques sur l’île de Montréal, ce qui aurait comme bénéfice de réduire le transport des matières compostables.

Le centre de Saint-Laurent pourrait traiter jusqu’à 50 000 tonnes de matières organiques par année.  Le site a été choisi parce qu’il est à une distance d’au moins 500 mètres d’un secteur résidentiel, commercial et d’un lieu public et à au moins 60 mètres d’un cours d’eau et 300 mètres d’un lac. Ces distances sont mesurées à partir de la cheminée du centre. Le site a également été privilégié, car situé près des grandes artères, ce qui permettrait de limiter la circulation des camions dans le voisinage.

Les opérations de compostage du centre se feraient dans un bâtiment fermé sous pression négative, c’est-à-dire que les camions entreraient par un sas aux portes doubles qui aspirerait l’air vers l’intérieur du bâtiment.

Le centre produirait moins de cinq unités d’odeur 99, 96% du temps. Les unités d’odeur sont une mesure qui évalue la force d’un parfum, agréable ou pas. À titre de point de comparaison, une personne parfumée dégage 20 à 50 unités d’odeur et du gazon fraichement coupé produit 250 unités.

En moyenne le centre accueillera 35 camions par jour. La période la plus achalandée serait les mois d’octobre et novembre avec 70 camions par jour. 

Le compostage se ferait en tunnel. À l’extérieur, le bâtiment serait doté d’un toit vert et d’une serre, en plus d’un aménagement paysager.

Les citoyens se questionnent

Au micro, les citoyens, alors davantage informés, ont fait part de leurs inquiétudes. La période de questions à laquelle a participé à peu près 80 personnes s’est déroulé dans le calme.

Sylvain Ouellet, attaché politique au parti Projet Montréal, a demandé si Aéroports de Montréal (ADM) aurait encore la possibilité d’utiliser la loi afin de bloquer le projet puisque le bâtiment se situerait à la limite de la zone de péril aviaire. « C’est encore la même épée de Damoclès », pense-t-il.

Roger Lachance, représentant de la Ville de Montréal, a alors répondu qu’ATM avait signifié ne pas s’opposer à l’emplacement du site. À la suite à la demande de la commissaire pour l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) Nicole Brodeur de produire un document écrit confirmant la chose, M. Lachance a répondu que « ça s’en vient ».

Un citoyen s’inquiétant de la volonté réelle d’engager les citoyens a rappelé que le dépliant annonçant la consultation publique avait trouvé le chemin de leurs demeures « il y a peine quatre jours. J’espère que vous serez plus diligents à l’avenir », a-t-il ajouté. Cette inquiétude était partagée par plusieurs intervenants.

Un autre citoyen s’est intéressé à la forme de gouvernance du centre, à savoir si ce serait géré sous la forme de partenariat public-privé. M. Lachance a répondu que « pour ce qui est des modes de gestion, l’ensemble des possibilités est sur la table. »

Mais qu’en est-il des agrandissements nécessaires avec l’augmentation de la demande suivant la hausse démographique? Deux citoyens ont partagé leurs inquiétudes par rapport à la hausse inévitable de la demande à la suite du développement immobilier que connaît Montréal. Les représentants de la Ville leur ont répondu que le centre a été conçu pour des projections sur 10 ans, mais qu’il faudrait un certain temps avant de changer les habitudes des gens, ce qui les porte à penser que le centre pourra répondre à la demande longtemps.

Enfin, Sylvain Ouellet est revenu au micro afin de demander s’il était vrai que pour être éligible aux subventions fédérales, il fallait que le projet soit terminé en 2014, ce qui selon lui, serait impossible. Les représentants ont répondu qu’il y avait de la flexibilité pour les subventions demandées au gouvernement provincial et que des négociations étaient en cours avec Ottawa pour repousser cette date. Afin d’être prêts à toutes éventualités, les représentants de la Ville présenteront deux plans d’affaires, un avec et l’autre sans subvention fédérale.

Le président de la consultation Joshua Wolfe s’est chargé de traduire en anglais les réponses aux questions posées par les unilingues anglophones. 

Il y aura une deuxième consultation publique où les citoyens pourront faire des recommandations et exprimer leurs points de vue par une présentation orale ou le dépôt d’un mémoire le 30 octobre à 19 h au centre des loisirs situé au 1375 rue Gernet. Pour participer à cette séance, il faut s’inscrire avant le 25 octobre sur le site suivant. ocpm.qc.ca/inscription

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