La circonscription Saint-Laurent-Cartierville écartelée
Comme le prévoit la loi, la commission de délimitation des circonscriptions électorales fédérales pour le Québec propose une nouvelle carte électorale chaque 10 ans. L’objectif de cet exercice est d’assurer une équité parmi les électeurs malgré les changements démographiques au sein des comtés.
Selon la proposition des commissaires, l’ancien comté de Saint-Laurent-Cartierville serait séparé en trois nouvelles circonscriptions: l’ouest de la circonscription serait compris dans le nouveau comté MacDonald-Langstaff, l’est fera partie de la circonscription de George Étienne Cartier et le nord serait avalé par le comté John-Peter-Humphrey.
Le député Stéphane Dion mécontent
« Le travail des commissaires demande de sérieuses révisions », déclare à brûle-pourpoint Stéphane Dion, député de Saint-Laurent-Cartierville. Selon la loi sur la révision des limites des circonscriptions électorales, un comté pourrait avoir 25% de plus ou de moins d’électeurs que dans une autre circonscription afin de permettre aux commissaires de regrouper les membres d’une communauté entre eux.
Or, cette fois-ci, les commissaires s’en sont tenus à un écart d’environ 10%. Selon M. Dion « en visant un écart autour de 10%, ils sont allés au-delà de leurs mandats dans le but de susciter des réactions. Je m’attends à des réactions fortes ».
Le député croit que la commission est allée trop loin, car un changement dans l’écart démographique des circonscriptions devrait être débattu en Chambre « les commissaires ne peuvent pas ignorer la volonté des législateurs », proteste-t-il.
Des électeurs confus?
Le député de Saint-Laurent-Cartierville croit que le redécoupage sèmera la confusion chez les électeurs. Les nouvelles délimitations « ne correspondent pas à quelque chose de précis dans la tête des gens », dit-il. Le recoupage ne représente pas une communauté existante et ne repose sur aucune logique sociohistorique, fait-il remarquer.
Ce dernier s’inquiète des impacts que cela pourrait avoir sur les groupes communautaires et le monde des affaires qui ont l’habitude de répondre à un seul député.« Certaines alliances naturelles entre les groupes communautaires qui recherchent du financement pourraient devoir se scinder», explique-t-il.
Avec ces nouvelles délimitations, « Saint-Laurent a une existence hachurée », affirme M. Dion. « Les Laurentiens aiment être tous ensemble, ce n’est parce qu’on est un arrondissement qu’on a cessé d’exister », objecte le député.
Une commission silencieuse
La commission n’a pas voulu commenter les critiques de M. Dion. Dans une lettre, Diane Pellerin secrétaire à la commission, explique que «la commission n’a rien d’un organisme de confrontation publique. Elle n’a pas à avoir raison contre quelqu’un. Elle n’a qu’à décider dans l’intérêt public ».
Les audiences publiques qui permettront aux citoyens de s’exprimer sur les changements proposés auront lieu à partir de septembre. Celle qui se déroulera à Montréal se tiendra à la salle 14.09 du Palais de justice situé au 1, rue Notre-Dame Est le vendredi 19 octobre à partir de 9h30.
Pour prendre connaissance de la proposition de nouvelle carte électorale fédérale, les électeurs peuvent consulter l’adresse internet suivante: http://bit.ly/Nu0KVT