Affichage illégal à Saint-Laurent: 333 infractions recensées dans le parc Industriel
L’affichage extérieur de plusieurs entreprises est illégal, c’est ce qu’a constaté le vice-président de la section Nicolas-Viel de la SSJBM, Jean Archambault, en arpentant le parc Industriel. Or, le projet de recenser l’affichage illégal dans la circonscription de Saint-Laurent n’est pas le fruit du hasard, admet Archambault. Il découle du projet entrepris par la section Nicolas-Viel dans la circonscription de l’Acadie l’automne dernier. « Le 2 novembre 2011, les médias rapportaient que dans le comté de Christine Saint-Pierre, ministre responsable de la Loi 101, 76 infractions avaient été recensées et qu’au terme de ce processus, ce sont finalement 134 plaintes qui avaient été déposées auprès de l’OQLF. »
Le comté de Saint-Laurent s’anglicise de plus en plus, pense Jean Archambault. Et cette tendance se manifeste notamment dans la langue travail de milliers d’employés œuvrant dans le parc Industriel de Saint-Laurent, qui est principalement l’anglais. « D’ailleurs, près de 50 % des compagnies qui font l’objet des plaintes et qui ont un site Web, fonctionnent avec un site unilingue anglais », d’ajouter ce dernier.
En effet, si l’on se fi au recensement de 2011, l’arrondissement de Saint-Laurent aurait vu sa population immigrante augmenter de 10 % depuis 2006. Il s’agit surtout d’immigrants de première ou de deuxième génération, issus majoritairement de l’Afrique du Nord, du Bangladesh, de la Chine et de l’Inde. Or, les Maghrébins, bien qu’ils soient généralement francophiles, se voient quand même assujettis à l’anglais comme langue de travail.
« La langue de travail est, pour l’immigrant, le meilleur moyen d’apprendre à parler français. Plus qu’une simple langue, c’est un mode de vie, un accès à la culture. Or, quand une entreprise affiche en anglais à l’extérieur, ce n’est que la pointe de l’iceberg. On peut très bien se douter que l’affichage à l’interne, en plus des communications, se fait également en anglais. »
Le 26 avril, M. Archambault s’est rendu aux bureaux du ministre de la Justice et député provincial de Saint-Laurent, Jean-Marc Fournier, pour déposer une copie des infractions présumées. De son côté, l’OQLF se donne un délai de trois mois pour évaluer les plaintes une par une.
Son de cloche des élus
« Les gens de la SSJMB sont simplement venus nous aviser de la situation, a raconté M. Fournier aux Nouvelles de Saint-Laurent. On ne veut pas intervenir dans le processus, on cherche à aider plutôt qu’à judiciariser. »
Dans 98 % des cas, les entreprises qui contreviennent à la Charte de la langue française collaborent pour corriger la situation, poursuit-il. D’ailleurs, en plus d’offrir des cours de français, la Chambre de commerce de Saint-Laurent offre un service d’accompagnement des entreprises pour se conformer à la loi, a-t-il admis, en ajoutant qu’un représentant de l’OQLF était présent au Gala Alpha afin de remettre le prix spécial « Mérite du français en entreprise ».
Quant au maire Alan De Sousa, il s’abstient habituellement de commenter ce qui est du ressort des gouvernements provincial et fédéral.