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Venir en aide aux jeunes en difficulté

Lafrenière-Cotnoir Mathilde - TC Media
Il n’avait pas de revenus, plus de logis et pas de famille pour l’aider. Le jeune David (nom fictif) ne voulait pas devenir sans-abri. Alors qu’il cherchait une place où se faire héberger, il a trouvé Ressources jeunesse de Saint-Laurent. Portrait d’une situation qui n’arrive pas seulement qu’au centre-ville de Montréal.

Lorsqu’on entend son histoire, on a envie de l’aider. Cet Égyptien, né au Québec, n’a pas eu la vie facile. Il a vécu entre Montréal et l’Égypte depuis sa naissance, mais depuis quatre ans, il est seul au Québec.

Un début difficile

Tout a débuté lorsqu’il était en colocation avec un de ses amis mexicains. Son nom n’était pas sur le bail, et son ami a décidé de retourner dans son pays, en ne l’avertissant que quelques jours avant son départ. David n’avait qu’une semaine à peine pour se trouver un logis. Il se trouvait également dans un période difficile au travail.

N’ayant aucune ressource financière et une famille qui ne s’inquiétait pas de sa situation, il avait profondément besoin d’aide.

Il s’est alors tourné vers les Ressources jeunesse de Saint-Laurent (RJSL), un des centres faisant partie des Auberges du cœur. «La mission commune des Auberges du cœur, c’est d’offrir de l’hébergement avec un suivi psychosocial. On s’occupe de la transition vers l’âge adulte», explique le directeur de RJSL, Sébastien Lanouette.

M. Lanouette tient à ce que les résidents fassent leur part dans le processus, puisqu’il préconise une approche spécialisée pour chaque jeune. «On ne plaque pas une recette au jeune. Il doit chercher lui aussi sa propre recette.»

Dormir par terre et manger un repas par jour

Mais les malheurs de David n’allaient pas s’arrêter là. Après un mois de répit au centre, il s’est fait mettre dehors. Après avoir subi, dit-il, du harcèlement de la part d’autres résidants, il a utilisé les poings. Le lendemain, il devait partir, puisque tout comportement violent n’a pas sa place aux Ressources jeunesse de Saint-Laurent. David se souvient : «C’était un choc. Je trouvais que c’était injuste, les deux jeunes me harcelaient».

Il a dû vivre avec deux autres amis dans un un et demi. Durant 10 jours, il dormait par terre et n’avait pas assez d’argent pour se payer trois repas par jour. C’est alors qu’il s’est tourné vers Tangente. Durant les trois mois qui ont suivi, il s’est littéralement remis sur pied.

Il a alors fait une demande pour habiter dans les appartements de Ressources jeunesse de Saint-Laurent. Depuis un an et huit mois, il réside dans l’un des logements.

«J’ai enfin repris confiance en moi. À cette époque, j’étais démoli littéralement. Je me sentais comme un perdant.»

Depuis ce jour, il a notamment travaillé pour le Cirque du Soleil et pour Home Depot et rêve de devenir architecte. Il a récemment fait une demande pour entrer à l’université en architecture et attend son examen d’entrée.

En bref

RJSL regroupe trois principaux services. Ils sont offerts à des jeunes en difficulté. La maison d’hébergement pour tout jeune âgé de 16 à 22 ans est un établissement où les résidents apprennent à être responsables. Viennent ensuite les 34 appartements supervisés. Pour les gens de 18 à 25 ans en démarche personnelle active de travail ou formation. «On explore différentes avenues d’études, on offre beaucoup de conseils aux jeunes et on les oriente lorsqu’ils ont besoin d’aide médicale ou autre», explique le directeur de RJSL, Sébastien Lanouette.

Le dernier service mis en place se nomme le Caf St-Lo. Il s’agit d’un café de réinsertion à l’emploi. Les jeunes font le service aux tables, obtiennent une expérience en cuisine et un projet d’agriculture urbaine verra aussi le jour l’année prochaine. «Ça les rassure sur le milieu de l’emploi tout en leur donnant une bonne formation», précise M.Lanouette.

Ressources jeunesse Saint-Laurent couvre tout le territoire de Montréal. «On ne va pas refuser un jeune parce qu’il vient d’Ahuntsic, rassure le directeur. D’ailleurs, une des forces du fait qu’on est loin du centre-ville, c’est que ça facilite le non-retour aux anciennes mauvaises habitudes qu’un jeune a pu avoir.»

Informations : http://www.rjsl.ca

 

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