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Avis d'infraction pour un sèche-linge

Alcaraz-Robinson Stéphanie - TC Media
Un homme de Saint-Laurent est tombé en bas de sa chaise lorsqu’il a reçu un avis d’infraction lui sommant de retirer le sèche-linge qu’il avait installé sur son balcon. S’il ne se conforme pas, il risque une amende de 325 $, plus frais exigibles de 138 $, chaque jour.

Rencontré à son domicile où il réside avec sa femme et ses quatre enfants, Muhammad Hussein a raconté aux Nouvelles Saint-Laurent avoir été sidéré d’apprendre qu’un règlement de l’arrondissement lui interdisait d’aménager sur son balcon autre chose qu’un mobilier de jardin.

Propriétaire de l’appartement où il réside, il se demande pourquoi il n’a pas le droit d’étendre son linge sur son balcon. Selon lui, le sèche-linge en question n’obstrue pas le balcon en cas d’urgence – étant au rez-de-chaussée.

« J’ai une sécheuse, ce n’est pas ça le problème, explique-t-il. Mais, on nous demande de faire notre part pour l’environnement, c’est ma façon de le faire. »

L’homme a également certaines contraintes financières qui le poussent à délaisser sa sécheuse l’été.

 

« Hydro-Québec, c’est cher! », clame le Laurentien.

 

Il soutient ne sortir son sèche-linge que quelques heures par semaine, soit la même journée, et le ranger à l’intérieur lorsque les vêtements sont secs.

Un problème à Saint-Laurent

Le directeur des communications de l’arrondissement, Paul Lanctôt, affirme que les inspecteurs ont émis 49 avis d’infractions dans les six derniers mois pour des questions d’encombrement de balcons d’immeubles multifamiliaux.

Selon lui, un balcon doit avoir assez d’espace pour s’y loger en cas d’urgence.

« C’est l’inspecteur qui détermine si l’espace est suffisant et ne met pas en danger les occupants en cas d’urgence », précise-t-il.

 

Comme le niveau d’encombrement n’est pas défini dans le règlement, c’est à l’inspecteur de juger ce qui est acceptable ou non.

 

Des affiches sont distribuées afin de sensibiliser les résidents à l’importance de libérer l’espace sur leur balcon.

 

Mais ce n’est pas qu’une question de sécurité. L’esthétisme fait également partie des préoccupations de l’administration. Sur la documentation diffusée par l’arrondissement, on indique que la mesure est en place « afin de conserver un bel environnement ».

 

Règle générale, les locataires et propriétaires fautifs coopèrent lorsqu’ils font l’objet d’un avis d’infraction. Aucune amende n’a été donnée cette année relativement à ce règlement.

Un règlement en vigueur depuis longtemps

Bien qu’il soit établi à Saint-Laurent depuis plus d’une quinzaine d’années et que sa femme a vécu toute sa vie dans l’arrondissement, le couple Hussein n’avait jamais entendu parler de ce règlement.

« Je ne dois pas être le seul à être étonné d’apprendre cela, surtout de cette manière », dit le père de famille.

 

Pourtant, ce règlement ne date pas d’hier. Selon M. Lanctôt, il est en vigueur depuis au moins 25 ans.

 

« Majoritairement, les plaintes viennent de locataires ou propriétaires qui souhaitent que nous fassions appliquer le règlement sur l’encombrement », affirme-t-il.

 

 

La porte-parole du Service de sécurité incendie de Montréal, Julie Gascon, souligne qu’un balcon n’est pas n’est pas considéré comme une issue de secours, à moins qu’il y ait un escalier qui serve de sortie de secours.

Elle souligne toutefois « qu’un balcon libre et en bon état facilite le travail des pompiers lors d’une intervention. Nous recommandons de tenir les balcons et issues de secours libres et faciles d’accès. »

M. Hussein demeure sceptique.

« Il y a bien assez d’espace sur mon balcon, même si j’ai un sèche-linge une fois par semaine. De toute façon, en cas d’urgence, ne pensez-vous pas que le sèche-linge pourrait être mis de côté? »

M. Hussein espère que les inspecteurs le laisseront tranquille. Il ne compte pas cesser cette pratique et compte contester s’il devait recevoir une amende.

« Nos ancêtres n’avaient pas de sécheuse, et pourtant, ils se débrouillaient très bien », conclut-il.

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