Disparition de Sylvie Marois : deux Québécois à sa recherche
@T1: Disparition de Sylvie Marois : deux Québécois à sa recherche
@S: anne-frederique.hebert-dolbec@tc.tc
@L:Sylvie Marois, guide en tourisme d’aventures et ancienne professeure au Cégep Saint-Laurent est disparue, emportée par une avalanche au Népal le 14 octobre avec deux autres Québécoises. Le 20 octobre, les autorités népalaises ont suspendu les recherches. Refusant de s’avouer vaincu, deux spécialistes québécois ont décidé de se rendre sur place, et de retrouver les victimes, coûte que coûte.
@R:Le 25 octobre, les deux bénévoles québécois en recherche et sauvetage ont mis les pieds à Katmandou, avec des équipement sophistiqués qui ne sont pas utilisés au Népal. Accompagné d’un guide de l’agence de tourisme Terra Ultima et d’une petite équipe locale, ils ont immédiatement débuté l’ascension de l’Annapurna, vers le site de l’Avalanche.
« Même si les spécialistes sont formés pour ce genre de travail, cette fois, ce sera extrêmement émotif pour eux, raconte la guide et ancienne élève de Sylvie Marois, Renée-Claude Bastien. Ils sont à la recherche de leur amie, de leur source d’inspiration. »
Le début de la fonte des neiges alimente l’espoir de retrouver les victimes. Pour l’instant, l’équipe concentrera ses recherches sur une zone de 10 mètres par 200 mètres, où les probabilités de retrouver les trois femmes sont les plus élevées. Ils utiliseront des sondes de métal pour transpercer la neige.
« Ce sera un travail de longue haleine, explique la guide. Dans les premiers instants suivant une avalanche, il est toujours possible de trouver des indices, une tuque, des gants, pour localiser les corps. Mais actuellement, plusieurs personnes se sont rendues sur la scène. Les indices peuvent avoir été déplacés. Les pistes de recherches sont laborieuses. »
Il est pour l’instant difficile de savoir avec certitude où se trouve l’équipe de recherche, puisque la portée des téléphones satellites est très limitée. Selon la guide, ils devraient très bientôt se trouver sur le site de l’incident, situé entre 3800 et 4000 mètres d’altitude.
« On ne communique qu’en cas d’urgence. Pas de nouvelle, bonne nouvelle! »
@ST:Une entreprise téméraire
@R2:Le sauvetage en montagne recèle son lot de risques. Selon Mme Bastien, les chances qu’une nouvelle avalanche se déclenche demeurent toutefois très minces.
@R: « La neige a eu amplement le temps de se stabiliser depuis la grosse bordée de neige qui avait causé l’avalanche. En plus, le temps commence à se réchauffer. »
Les risques environnementaux que pourraient rencontrer les experts proviendraient plutôt des éboulis rocheux. « Comme la neige commence à fondre, les pierres et les morceaux d’éboulis coincés à flanc de montagne pourraient se décrocher et rouler vers le bas. »
Mme Bastien rappelle que « les risques en montagne sont toujours présents. On a rendu le « trekking » tellement accessible au public, on a tendance à éviter d’en parler. Mais je ne m’inquiète pas. Les deux spécialistes présents pour encadrer les recherches en ont vu d’autres. Ils sont bien outillés en jugement et en prise de décision pour faire attention à leur bien-être. »
@ST:Levée de fonds
@R2:Afin d’aider les spécialistes partis en terres népalaises, les guides du tourisme d’aventure au Québec ont organisé une levée de fonds. L’argent recueilli servira à soutenir les actions de recherche, les déplacements, les bénévoles impliqués et l’achat de matériel spécialisé.
@R: « Sylvie a touché beaucoup de gens durant son parcours, souligne Mme Bastien. Les événements tragiques auront au moins eu comme effet de rapprocher tout le monde du domaine. On est là pour se supporter, on est vraiment comme une grande famille. »
Anne-Frédérique Hébert-Dolbec