Des peintures pour sensibiliser à l’environnement

Des peintures pour sensibiliser à l’environnement
Photo: Courtoisie Nicolas NabonneL’artiste Nicolas Nabonne réimagine la position et la perspective des animaux qu’il trouve afin d’apporter un aspect plus joyeux à ces rencontres.

La galerie Port-Maurice, située à l’entrée de la bibliothèque de Saint-Léonard, proposera l’exposition Un dernier baiser pour la route…, retraçant les derniers moments d’animaux frappés par des voitures. Une façon de faire voyager ces victimes de façons post-mortem.

Installé au Québec depuis plus d’une douzaine d’années, Nicolas Nabonne, l’artiste derrière le projet, a puisé son inspiration d’un retour en France, qu’il avait dû effectuer en 2014 pour des raisons personnelles. « L’idée m’était venue en frappant un lièvre, alors que j’étais en voiture avec des amis, confie-t-il. C’est arrivé à une période plus sombre pour moi, dans laquelle il y avait des histoires de famille. »

L’image l’aura néanmoins marqué. Dans l’année qui a suivi, il a souvent repensé à cet événement en voyant d’autres animaux sur le bord des routes. Façon de faire son deuil, il a commencé à les immortaliser. « Lorsque je suis sur la route et que je vois un animal, je le prends en photo et je note l’endroit où je l’ai trouvé, explique M. Nabonne. À partir de là, quand je suis en studio, je peins l’animal. C’est un projet que je fais sur le long terme. Je ne vois pas des animaux sur les routes tous les jours. De temps en temps, une peinture se rajoute à la série. »

Originaire de la commune de Thuir, dans les Pyrénées-Orientales, en France, M. Nabonne a pu constater l’incidence du développement urbain. Là où, plus jeune, il participait à des activités de plein air, s’élèvent désormais des lotissements. C’est d’ailleurs sur une route nouvellement construite qu’il avait frappé le lièvre. « À travers mes peintures, je veux aussi parler de la fragmentation des écosystèmes et de l’implantation de structure de l’Homme en milieu naturel, qui amène les espèces à se déplacer et éventuellement, à se faire frapper », révèle-t-il.

L’artiste réinvente néanmoins les derniers moments de ces animaux afin d’atténuer le côté tragique de ces rencontres. « Ce n’est pas toujours nécessaire de montrer les dégâts, le sang, souligne-t-il. Même si le sujet est sombre, j’aime apporter un peu d’humour. Dans ce cas-ci, la symbolique est de faire traverser l’animal d’une autre façon pour éviter qu’il ne se fasse frapper. »

Sans entretenir trop d’attentes, il espère néanmoins que l’exposition permettra de sensibiliser le public à cette problématique à travers l’art.

Un dernier baiser pour la route…
Du 15 mai au 6 juillet
Galerie Port-Maurice