Saint-Léonard
12:09 25 juin 2021 | mise à jour le: 25 juin 2021 à 16:06 Temps de lecture: 4 minutes

Gary Pétion: 25 ans de police communautaire

Gary Pétion: 25 ans de police communautaire
Photo: David Flotat/Métro MédiaL’agent Gary Pétion prendra sa retraite le 6 juillet après 25 ans de service au SPVM.

Après 25 ans de service au SPVM, l’agent Gary Pétion du poste de quartier 42 de Saint-Léonard prendra officiellement sa retraite le 6 juillet. Retour sur une carrière bien remplie et sur le lien de proximité qu’il a pu entretenir avec la communauté.

Gary arrive au Québec en 1976 en compagnie de ses trois frères, à l’âge de 15 ans. Arrivé d’Haïti pour rejoindre son père déjà installé sur place à Montréal, il poursuit ses études secondaires, puis son cégep avant d’entreprendre des études de sociologie à l’UQAM.

Parallèlement, il postule pour être agent du service correctionnel à la prison de Bordeaux, un poste qu’il occupera pendant huit ans. C’est alors qu’il rencontre de futurs policiers qui lui parlent de cette profession.

«On jasait souvent du métier, au fil du temps ils m’ont dit que j’avais peut-être le profil pour être policier. Ils me disaient que par mon expérience dans le service correctionnel, j’avais les capacités.»

À l’époque, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) met sur pied un programme d’intégration des communautés à la Ville de Montréal comme policiers.

«D’habitude les policiers débutent en passant par une technique policière, mais ce programme permettait de suivre un cursus concentré en 9 mois», explique-t-il.

«Ce qui me plaît beaucoup dans ce travail c’est le côté humain. On rentre dans la police avant tout pour aider les gens, on se doit de les approcher et c’est ce que j’aime dans ce travail. Le fait que l’on aide les gens et qu’ils aient ce sentiment de sécurité.»

Gary Pétion, agent de police du SPVM au PDQ 42

Sur le terrain

Après être passé par l’École nationale de police, Gary débute en 1996. Il se souvient avoir été épaulé durant ses premières années par des collègues d’expérience, une aide précieuse selon lui.

«J’ai eu la chance d’avoir vite appris les rouages du métier grâce à eux. C’est bien beau d’aller à l’école, mais c’est sur le terrain que l’on apprend le mieux.»

L’agent Pétion se retrouve alors jumelé en 1998 dans un poste de quartier. Une nouvelle approche du métier commence alors pour lui.

«Les postes de quartier étaient nouveaux. Ils mettaient l’emphase sur la police de proximité. Il fallait être plus proche et à l’écoute des citoyens, aller à leur rencontre. J’ai trouvé ça très plaisant.»

Pour lui, cette relation est devenue essentielle et est restée avec les années au cœur de sa passion pour le métier de policier.

«Sans la coopération avec le public, la police ne peut pas faire son travail. C’est peut-être un discours de politicien ou de directeur, mais après 25 ans de carrière, c’est ce que j’ai constaté. C’est un travail qui se fait en relation avec la communauté, surtout celle qu’on dessert.»

Mission onusienne en Haïti

En 2008, puis en 2010, Gary est sélectionné par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour rejoindre deux missions de neuf mois chapeautées par l’Organisation des nations unies (ONU).

Une expérience personnelle et professionnelle riche qui lui a permis de voir d’autres perspectives, en plus de retourner dans son pays d’origine.

«J’étais très ému de retourner après 30 ans à Haïti, j’ai pu revoir la maison de mon enfance et rencontrer de la famille restée là-bas. D’un point de vue professionnel, ça m’a aussi beaucoup apporté, je côtoyais plus de 55 nationalités différentes au quotidien.»

De retour au Québec, et après quinze années en tant qu’agent patrouilleur, Gary termine sa carrière en tant qu’agent de quartier sécuritaire, un choix de carrière pour rester sur le terrain.

«J’aurais pu devenir agent détective, mais je tenais à rester sur le terrain et à conserver ce contact quotidien auprès de la population»

Après une carrière dévouée, Gary va maintenant prendre le temps de se remettre au sport et explorer de nouveaux champs d’intérêt.

«Je voulais continuer, mais je suis satisfait de ma carrière et pars avec le fier sentiment du travail accompli. Toutes les bonnes choses ont une fin. Je vais maintenant me remettre au sport, et peut être retourner à l’école pour suivre des cours de musique. C’est une nouvelle vie qui commence.»

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