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Action Dignité Saint-Léonard réclame des mesures de Québec pour freiner les «rénovictions»

Des familles occupant l’immeuble situé au 6282, rue Jean-Talon Est ont fait face à des menaces d’éviction de la part de leur propriétaire l’été dernier. Photo: David Flotat, Métro

Alors que l’arrondissement n’a pas échappé à la hausse de 50% des évictions enregistrée au Québec en 2021, Action Dignité Saint-Léonard annonce avoir reçu récemment plus d’une dizaine d’appels de locataires faisant face à des menaces de «rénovictions». De quoi laisser présager une nouvelle fin d’année difficile pour ces locataires léonardois, alors que les propriétaires ont jusqu’au 31 décembre pour envoyer leur avis de reprise de logement. Des mesures sont réclamées par l’organisme pour faire face à la crise.

Au cours de l’année 2021, l’organisme œuvrant pour la protection des locataires a dû traiter environ une trentaine de dossiers.

«Dans de nombreux cas, il s’agit de propriétaires qui veulent ‘’optimiser’’ leur investissement en évinçant les locataires pour ensuite augmenter abusivement les loyers», déclare la directrice d’Action Dignité Saint-Léonard, Sylvie Dalpé, par voie de communiqué.

Chercher un logement abordable à Saint-Léonard, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin.

Sylvie Dalpé, directrice d’Action Dignité Saint-Léonard

Faire monter les loyers

Selon Action Dignité et le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ), les locataires de longue date seraient davantage visés puisqu’ils paient moins cher que le prix actuel de logements du même type qui sont à louer.

«Dans nos échantillons, 50% des locataires habitaient leur logement depuis au moins 10 ans, et un locataire sur trois y habitait depuis plus de 15 ans», précise Maxime Roy-Allard, du RCLALQ.

Ce dernier ajoute que le loyer moyen des personnes évincées au Québec était de 767$ par mois, soit près de 100$ en dessous du loyer moyen, selon la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL).

«Le gouvernement doit agir»

Faisant écho au RCLALQ, qui réclamait le 14 décembre que des mesures soient prises par la ministre de l’Habitation Andrée Laforest, Action Dignité Saint-Léonard a également transmis trois demandes.

Parmi celles-ci, le «retrait complet des dispositions du Code civil du Québec permettant l’éviction aux fins de subdivision, agrandissement et changement d’affectation» est demandé.

«Nous demandons aussi à ce que les reprises de logement soient interdites pour tous les secteurs où le taux d’inoccupation est inférieur à 3%, ajoute Sylvie Dalpé. Les indemnités versées aux locataires lors d’une reprise doivent aussi considérablement augmenter, pour qu’elles soient équivalentes à 12 mois de loyer.»

Selon des données de la SCHL, le taux d’inoccupation des logements de trois chambres à coucher était de 0% à Saint-Léonard en octobre dernier. Les taux pour les appartements comptant une et deux chambres à coucher étaient respectivement de 0,9% et 0,2%.

Registre de loyers

La mise en place d’un registre et d’un contrôle obligatoire des loyers est également évoquée par les organismes.

Action Dignité et le RCLALQ devront cependant s’armer de patience pour cette dernière demande, le cabinet de la ministre Laforest ayant déjà fermé la porte à un registre après avoir évalué sa pertinence, sa faisabilité et les coûts qui y seraient reliés.

«À la lumière de l’évaluation réalisée, il apparaît clair qu’un registre national des loyers ne ferait qu’ajouter une structure additionnelle à ce qui est déjà en place», déclarait la ministre Laforest le 30 septembre.

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