Saint-Léonard

Employés et patients ukrainiens se serrent les coudes au CHSLD Marie-Curie-Sklodowska

Eugène Antonyszyn, 95 ans, est un patient d'origine ukrainienne résidant au CHSLD polonais. Photo: David Flotat / Métro

Alors que le conflit en Ukraine se poursuit, employés et patients du CHSLD Marie-Curie-Sklodowska doivent faire preuve de solidarité pour traverser cette période difficile.

Marina est infirmière auxiliaire au CHSLD depuis sept ans. D’origine ukrainienne, elle fait partie des nombreuses personnes venant de ce pays de l’Europe de l’Est qui fréquentent quotidiennement le centre d’hébergement spécialisé.

«C’est difficile pour les patients comme pour les employés. On vit cela ensemble et on se soutient beaucoup», explique-t-elle.

Intervenant psychosocial au CHSLD, Michal Suszycki souligne l’importance d’apporter du soutien aux aînés qui, pour la plupart, vivent une période de stress.

«Cette situation est particulièrement difficile pour certains, qui se remémorent des souvenirs douloureux de la Seconde Guerre mondiale. Nous informons les patients de ce qu’il se passe en leur apportant tout notre soutien, tout en régulant leur exposition pour éviter trop de stress.»

Eugène Antonyszyn, 95 ans, est un de ces résidents d’origine ukrainienne ayant vécu la guerre dans les années 1940. Il affirme se réjouir de l’attitude démontrée par son peuple, et soutient qu’il a foi en ses compatriotes pour défendre son pays d’origine.

«Les Ukrainiens se défendent férocement, ils ne lâcheront pas. Je sais que ce sont des gens qui sont tenaces. C’est très encourageant pour moi», lance-t-il avec assurance.

Partager l’espoir

Michal Suszycki précise qu’apporter de l’espoir aux patients représente une part primordiale de son travail.

«Mon rôle est de faire de l’écoute active et de les rassurer, tout en leur montrant que les Ukrainiens se défendent avec courage et qu’il y a de l’espoir que les choses vont s’améliorer.»

Andriy, infirmier au sein de l’établissement depuis 2007, affirme quant à lui que le personnel s’adapte et fait preuve d’empathie pour prendre soin au maximum des résidents.

«Comme nous sommes nous aussi ukrainiens, on comprend ce qui se passe et comment ça les affecte. On doit s’adapter en fonction des patients. C’est important qu’ils se sentent écoutés et rassurés.»

30 % des patients et membres de l’équipe du personnel du CHSLD Polonais Marie-Curie sont d’origine ukrainienne. (Crédit Photo: David Flotat, Métro Média).

«Solidarność»

Le CHSLD Marie-Curie, communément appelé le CHSLD polonais, compte aussi naturellement des employés et des patients d’origine polonaise.

«Ce sont 60% des résidents et employés qui sont de cette origine, alors que 30% sont ukrainiens», précise la chef d’unité, Olga Ivanyuta.

La gestionnaire d’origine ukrainienne affirme qu’une grande solidarité («solidarność» en polonais) s’est également installée au sein des employés originaires des deux pays.

«C’est un moment énormément difficile pour le personnel, mais je vois qu’il y a une grande solidarité de la part des employés d’origine polonaise. Ils se sont vraiment ouverts pour offrir leur soutien.»

Mme Ivanyuta souligne également que le personnel échange parfois des quarts de travail afin d’accommoder les personnes qui doivent parler durant la nuit à leurs proches restés en Ukraine.

Marina, d’origine ukrainienne, et Michal, d’origine polonaise, font tous les deux partie du personnel du CHSLD Marie-Curie. (Crédit Photo: David Flotat, Métro Média)

«Nous avons toujours été deux peuples amis de par l’histoire de nos deux pays. Les Ukrainiens sont nos frères et sœurs. Aujourd’hui, on est tous Ukrainiens, il y a une grande solidarité ici», explique Mikail Suszevskiy, qui fait partie des employés d’origine polonaise.

Les Ukrainiens et les Polonais, nous sommes deux communautés scellées. Ici, on démontre un fort esprit d’entraide, de solidarité et d’amitié. On est tous dans le même bateau.

Michal Suszycki, travailleur social au CHSLD polonais

Des actions de soutien

Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal a mis en place des initiatives afin de soutenir les employés et les résidents du CHSLD.

«Nous visitons régulièrement pour voir ce qu’on pourrait faire pour aider du mieux que nous pouvons. On reste à l’écoute et on essaye de répondre aux demandes», précise Jean-François Fortin-Verreault, directeur général du CIUSSS-EMTL.

Dans la lignée de ces actions, M. Fortin-Verreault affirme que des employés communautaires ont été mis à la disposition d’organismes pour soutenir les efforts humanitaires déployés, et qu’un programme d’aide pour les employés est accessible.

La chef d’unité Olga Ivanyuta déclare de son côté qu’au sein du CHSLD, patients et résidents assistent aussi régulièrement à «des messes pour la paix» en ukrainien. Un moment important pour les patients qui souhaitent démontrer leur soutien.

«Beaucoup de familles des résidents sont fortement impliquées au sein de la communauté ukrainienne et religieuse à Montréal. Nous travaillons aussi en étroite collaboration avec le Congrès ukrainien canadien pour soutenir leurs efforts communautaires», conclut Olga Ivanyuta.

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