Le CCU recommande de dire non au changement de zonage demandé pour le projet Ambiente
Le site ciblé pour Ambiente chevauche deux zones; l’une permet des constructions allant jusqu’à huit étages tandis que l’autre, seulement deux. Afin d’ériger sa tour, le promoteur a demandé à l’arrondissement d’harmoniser le secteur.
Avant d’examiner formellement sa requête, l’arrondissement lui a demandé de sonder les résidents du quartier, question de vérifier l’acceptabilité sociale du projet.
Or, il s’est avéré que le projet a soulevé l’ire des résidents de La Comtesse II, un complexe résidentiel situé tout juste à côté du projet immobilier. Ceux-ci se sont d’ailleurs rendus en grand nombre à la dernière séance du conseil d’arrondissement pour déposer une pétition. Celle-ci demande aux élus de dire non à la demande de modification et de limiter à trois le nombre d’étages que pourrait avoir un éventuel projet de redéveloppement du secteur Jarry et De la Salette.
Tenant compte de la consternation des citoyens, le CCU recommande au conseil d’arrondissement de ne pas entériner la demande du promoteur.
« C’est sûr que nous sommes satisfaits que le projet soit mis sur une tablette. Mais on va continuer à être vigilant parce qu’on sait que les promoteurs peuvent revenir à la charge deux ou trois ans plus tard », soutient Réal Cantin, l’un des copropriétaires de La Comtesse II.
Une pétition qui fait des vagues
Les autorités ont fait part de la recommandation du CCU lors d’une séance d’information exceptionnelle à laquelle étaient conviés les résidents de La Comtesse II. Les autorités en ont profité pour expliquer en détail les règlements de zonage qui s’appliquent dans le secteur.
« Notre but, c’était de bien informer les citoyens, d’éliminer des mauvais renseignements qui avaient circulé et de clarifier certains aspects du projet de développement », explique Gilles Rainville, directeur général de l’arrondissement.
Dans le préambule de la pétition déposée au conseil, les signataires évoquent une possible collusion entre le promoteur et les représentants de la ville.
M. Rainville n’en croit rien, mais il a tout de même transmis le dossier à Denis Gallant, le nouvel inspecteur général de la Ville de Montréal.
« On ne pouvait pas passer ça sous silence. Ce n’est pas parce que j’ai des doutes sur mes employés ou sur mon organisation, mais dans le contexte actuel, il faut faire preuve de transparence. Les citoyens ont des soupçons, ils méritent d’avoir une réponse. »