Déficit à la maison de jeunes de Saint-Léonard
Antonin Favron, directeur de la maison de jeunes, est limpide : la situation budgétaire du Zénith n’est jamais rose, mais cette année, elle est particulièrement sombre.
« Ce n’est pas cette année qu’on va mourir, mais ça regarde mal pour les autres années. Ça veut probablement dire couper le service aux jeunes », dit-il.
Selon les prévisions actuelles, en comptabilisant toutes les sources de revenus confirmées et les dépenses prévues, le déficit anticipé est de 23 750 $; un manque à gagner que le directeur qualifie de « relativement majeur ».
« Ce que je sais d’emblée, c’est qu’on va réduire les heures d’ouverture. On va fermer plus tôt le soir pour dégager un peu plus de temps pour permettre à tout le monde de faire de la recherche de financement, poursuit-il. Si ça va trop mal, on va envisager couper une journée de service par semaine. C’est un peu plus radical, mais c’est quand même tristement possible. On va regarder ça avec le conseil d’administration. »
Revenus stagnants
La maison de jeunes reçoit une subvention récurrente de la part du gouvernement provincial dans le cadre de son programme de soutien aux organismes communautaires. Cette année, la contribution s’élève à 69 000 $, une augmentation de 2 % par rapport à l’année dernière.
« Ce qui n’est pas assez pour payer le loyer et deux employés à temps plein », remarque M. Favron.
Il précise que le loyer est de plus de 25 000 $ et que la maison de jeunes doit s’acquitter des factures d’électricité, du chauffage, du téléphone et doit payer la taxe d’affaires et les assurances; des dépenses qui augmentent plus rapidement que la subvention de base.
Pourtant, l’an dernier, la maison de jeunes avait bon espoir d’améliorer son sort. L’ancien gouvernement du Parti québécois avait promis de bonifier de 120 millions de dollars sur trois ans le programme de soutien aux organismes communautaires.
Mais l’élection du gouvernement Couillard a changé la donne.
« C’est très décevant. On avait un gros espoir que le financement allait atteindre un niveau plus décent. Il y a eu une promesse de l’ancien gouvernement, mais le nouveau a reculé », déplore M. Favron.
Il n’est pas le seul à critiquer cette décision. Dans une lettre adressée à la députée libérale Filomena Rotiroti, le Collectif jeunesse de Saint-Léonard a qualifié la décision du ministre des finances de « dur coup pour tous les organismes qui œuvrent en santé et services sociaux ».
« Il y a eu beaucoup de promesses et d’argent promis [par le Parti québécois] à la veille des élections », fait valoir la députée de Jeanne-Mance – Viger.
Mme Rotiroti tient à souligner que le gouvernement libéral n’a pas sabré dans les fonds distribués aux organismes communautaires. Mais elle ajoute que le contexte budgétaire actuel ne lui permet tout simplement pas d’offrir mieux que le maintien du financement actuel.
« Il faut comprendre qu’on est dans une période où l’on doit chercher 3,8 milliards de dollars pour assainir la gestion. Nous somme justement dans la révision de programmes », explique-t-elle, précisant que cette démarche permettra au gouvernement de revoir sa façon d’accorder les subventions afin de la rendre plus efficace.
Trouver de l’argent
Chaque année, pour se financer, la maison de jeunes s’associe à plusieurs projets externes. Par exemple, elle reçoit des subventions ponctuelles de Québec en forme ou du programme de Promotion de la santé et prévention des toxicomanies.
Grâce aux fonds alloués pour la gestion de ces projets, la maison de jeunes peut payer une partie de ses propres dépenses. Dans les prochaines semaines, les responsables du Zénith se consacreront à la recherche de ce type de financement.
« Mon travail à moi, ça devient de chercher de l’argent. Ce sont les services aux jeunes qui écopent », soutient M. Favron.