Retour du PRAM-Commerce : la SDC Jean-Talon y croit
PRAM-Commerce était en vigueur depuis 2008. Mais, l’an dernier, la Ville a décidé de ne pas le reconduire. Ces dernières semaines, des voix s’élèvent pour demander au maire Coderre de relancer le programme.
« C’est sûr que c’est une démarche que l’on appuie, affirme Sylvain Tardif, directeur de la SDC, surtout dans le cadre de la revitalisation de la rue Jean-Talon. »
La question de la redynamisation de la seule artère commerciale d’envergure à Saint-Léonard se pose de plus en plus, notamment à cause du prolongement éventuel de la ligne bleue du métro le long de l’axe de la rue Jean-Talon.
Cet été, la SDC a organisé une conférence pour rappeler aux commerçants l’importance de tenir compte du design et de l’image de leur commerce et pour plaider en faveur de la rénovation de leurs immeubles.
« Ç’a un effet boule de neige. Lorsqu’il y en un qui le fait, ça donne des idées aux commerces avoisinants », explique M. Tardif, ajoutant que l’implantation d’un programme de subventions serait un incitatif de plus.
Bilan mitigé
PRAM-commerce s’articulait autour de deux champs d’intervention. Pour le design, la Ville offrait un soutien financier de 4 000 $ maximum pour couvrir les honoraires professionnels. Quant à la rénovation, on proposait de couvrir le tiers du coût des travaux admissibles, un soutien financier qui pouvait atteindre 33 000 $ par bâtiment.
Lancé en grande pompe par l’administration Tremblay, le PRAM commerce a tardé à prendre son envol. Son bilan est plutôt mitigé; moins de 10 % des commerçants admissibles ont déposé des demandes de subvention.
Dans les 38 secteurs commerciaux montréalais qui étaient visés par le programme, 452 projets ont été financés, pour un montant global de plus de 10 millions de dollars.
Le programme s’est appliqué sur la rue Jean-Talon, à Saint-Léonard, entre juillet 2009 et juillet 2011.
Pendant cette période, 14 demandes de subvention sur un potentiel de 160 commerces ont été déposées, ce qui représente un taux de participation de 8,75 %. De ce nombre, 10 projets ont été réalisés. Les requérants ont reçu un total de 163 886,26 $ pour des travaux admissibles totalisant 474 423,42 $.
Laurence Lavigne-Lalonde, conseillère de ville de Projet Montréal, s’est faite porte-étendard du renouvellement du programme, soutenant que le dynamisme de Montréal passe par une revitalisation de ses secteurs commerciaux.
« Les artères commerciales, c’est le cœur de nos quartiers, c’est ce qui les rend uniques », a-t-elle dit en conseil de ville avant de déposer une motion qui demande à l’administration Coderre de lancer une nouvelle mouture du PRAM-commerce.
D’accord sur le fond, Pierre Desrochers, président du comité exécutif, lui a répondu que la Ville devait encore analyser les résultats de l’ancien programme avant d’en proposer un nouveau. Selon lui, les études devraient être terminées à l’automne.
« Il n’y a rien de parfait, on peut toujours faire des améliorations. Je suis sûr qu’ils ont fait leurs devoirs », souligne M. Tardif en ajoutant qu’une éventuelle nouvelle version du programme devra simplifier les démarches et réduire les obstacles bureaucratiques.