Congestion près de Santa-Cabrini
Mercredi, 16 h. Nous sommes à la frontière sud de Saint-Léonard, à quelques pas de l’hôpital. Un à un, les résidents du secteur reviennent à la maison. Heureusement, il reste encore quelques places de stationnement. Une femme gare sa voiture.
« Le jour, c’est sûr qu’il n’y a pas de place », explique-t-elle brièvement, en sortant de son véhicule.
L’hôpital Santa-Cabrini est situé dans Rosemont – La-Petite-Patrie. En 2013, l’arrondissement a étendu une zone de stationnement avec vignettes afin d’inclure les rues qui avoisinent le centre hospitalier. Cette décision a eu pour effet de réduire le nombre de places disponibles aux patients et visiteurs qui se rendent à l’hôpital.
Depuis, bon nombre d’entre eux s’arrêtent en bordure des chaussées léonardoises pour éviter de devoir garer leur voiture dans le stationnement payant.
Conséquence : les résidents des rues d’Évreux, Prébois, Brossard et du boulevard Lacordaire ont constaté une baisse importante du nombre de places libres près de leur domicile.
« C’est horrible ici, déplore Sylvie Poulin, propriétaire d’un triplex, rue d’Évreux. Ç’a créé énormément de chicane entre propriétaires et locataires. L’hiver, c’est l’enfer. Le monde bloque parfois notre entrée pour se stationner. »
Beaucoup de voitures, peu d’espaces
Selon des données de 2008, les dernières publiées par l’agence Métropolitaine de Transport, Saint-Léonard compte près de 35 000 voitures, camions et autres fourgonnettes sur son territoire, une moyenne de 1,16 véhicule par logis. À Montréal, la proportion est 0,96.
Dans le secteur bordant l’hôpital Santa-Cabrini, le ratio semble encore plus élevé.
Sur la rue d’Évreux, Mme Poulin pointe vers un duplex. Au rez-de-chaussée, explique-t-elle, les résidents ont trois véhicules. Ceux du deuxième, deux.
Son propre foyer, qui regroupe deux parents et quatre enfants en âge de conduire, en compte cinq.
Si l’on ajoute les véhicules des usagers de Santa-Cabrini au parc automobile local, on obtient de la congestion.
Mme Poulin n’est pas la seule à se plaindre de la situation. Fawzi Bena, locataire, possède deux voitures et une motocyclette.
« Le parking, c’est un casse-tête! J’ai l’intention de déménager. »
Vignettes gratuites
Le problème est bien connu des élus léonardois.
« Ça fait longtemps que c’est comme ça », confirme le maire de l’arrondissement, Michel Bissonnet.
Pour régler le problème, les autorités ont créé une zone de stationnement pour résidents. Entre 15 h et 21 h, seuls les automobilistes ayant la vignette 160 peuvent y garer leur voiture.
Pour l’obtenir, un résident doit présenter une pièce d’identité, une preuve de résidence et une attestation de possession du véhicule qui l’identifie comme conducteur principal. Elle est gratuite, mais renouvelable annuellement.
Mme Poulin ne pense pas que la mesure enraie le problème du manque de places de stationnement. Elle constate encore et toujours la présence de véhicules qui appartiennent aux usagers de l’hôpital.
« Quand on les aborde pour leur dire qu’ils ne peuvent pas se stationner, ils nous demandent pourquoi. Quand on leur explique, ils crient et ils chialent. Il y en a même qui nous envoient promener. »
Selon les résidents rencontrés, non seulement la vignette ne règle pas le problème, elle provoque de nouveaux désagréments.
« On nous donne deux passes pour les invités. Mais si je veux faire un barbecue, et que j’invite sept ou huit personnes, où vont se stationner les cinq ou six personnes qui n’auront pas de vignette temporaire? », se demande M. Bena.
« Mes enfants sont tous en âge d’avoir des chums ou des blondes. Mais nous ne pouvons pas avoir de vignettes pour eux. Ils ne peuvent donc pas être ici avec leur voiture entre 15 h et 21 h », raconte Mme Poulin.
Le maire Bissonnet admet que la réglementation n’a pas tout à fait réglé le problème. Selon lui, l’arrondissement planche actuellement sur une nouvelle formule.
En attendant, Mme Poulin pense vendre son immeuble. Elle rêve de belles rues larges et d’un beau grand garage double.