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Des triplex « italianisés »

Tout le monde a déjà vu ces plex à Montréal, particulièrement présents à Saint-Léonard et à Anjou. Couverts de briques, le plus souvent à trois logements, on les reconnaît à leur entrée de garage en pente vers le sous-sol. À Saint-Léonard, ces triplex ont été adaptés pour refléter la couleur locale. Petite histoire d’un phénomène typiquement léonardois.

Des années 1940 à 1960, grâce à un programme gouvernemental d’immigration favorisée par le parrainage, l’immigration italienne est importante. Si la Petite-Italie reste le centre symbolique de l’ensemble de la population italienne de la métropole, un processus de relocalisation se produit et provoque l’émergence de nouvelles zones résidentielles dans des districts tels que Ville LaSalle, Montréal-Nord et, particulièrement, Saint-Léonard.

Vers la fin de cette vague, deux Italo-Québécois sur trois étaient nés en Italie; la diaspora était donc majoritairement immigrante et adaptait sa culture et ses valeurs à la vie montréalaise. Cette tendance s’est-elle aussi appliquée à l’architecture?

Le triplex avec l’entrée de garage en-dessous s’est implanté un peu partout dans la grande région Montréalaise à partir des années 1960. Cependant, « le modèle que l’on retrouve en grand nombre à Saint-Léonard diffère de celui que l’on retrouve à Ahuntsic ou à Laval par exemple, puisque la forte présence de la communauté italienne dans le secteur a permis d’y ajouter une touche culturelle », explique l’inspecteur en bâtiments et diplômé en aménagement, Guillaume St-Jean.

Des fioritures

Les triplex de Saint-Léonard sont effectivement plus ornementés que le modèle-type. On y a ajouté les éléments emblématiques de la culture italienne au Québec, soutient M. St-Jean.

« Habituellement, ils sont recouverts de briques brunes ou chamois. À Saint-Léonard, la brique est souvent blanche, parfois avec des motifs d’une autre couleur. »

Une autre des particularités est la toiture, recouverte de tuiles d’argile de couleur terre cuite, dites à l’espagnole (voir photo 2). Ces tuiles sont aussi visibles sur quelques bungalows du quartier.

De plus, les constructions possèdent dans de nombreux cas une fausse mansarde recouverte de ces mêmes tuiles d’argile, ainsi qu’une série d’arcades au-dessus de la galerie. Il arrive aussi que la balustrade de la galerie soit en béton, surmontée de colonnes, et qu’elle présente des motifs.

Des exemples de ces ornementations sont visibles entre autres sur les rues Aimé-Renaud et Napoléon-Desmarchais.

Pour l’instant, M. St-Jean ne croit pas qu’il y ait lieu de parler de conservation patrimoniale, bien qu’il s’agisse d’un modèle unique. « C’est représentatif d’un groupe ethnique qui s’est implanté dans le secteur, c’est la couleur de l’arrondissement », conclut-il.

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