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Cyberintimidation à Saint-Exupéry : les règles sont claires

« En train de poster des photos sur le net… Bientôt poursuivi en justice. » Des élèves de l’école secondaire Antoine-de-Saint-Exupéry ont entrepris une campagne d’information dans l’espoir d’éradiquer le phénomène de la cyberintimidation.

« Tu te sens rejeté, mal, triste. Tu te sens rien. » C’est ce qu’on éprouve lorsqu’on est victime d’intimidation. « Il y a des jeunes qui ne veulent plus aller à l’école, qui perdent le goût de vivre, croit une élève. Il y en a même qui se suicident. »

Depuis 2007, l’agent sociocommunautaire du poste de quartier 42 Daniel Castonguay visite les écoles secondaires de Saint-Léonard pour parler d’intimidation et de son équivalent moderne, la cyberintimidation. « C’est mon dossier le plus important, affirme le policier. Selon les études, un jeune sur dix y sera confronté. »

Aussi rencontre-t-il des groupes de tous les niveaux afin d’informer tant les bourreaux que les victimes. Mais surtout, il veut impliquer les témoins. « La fin de l’intimidation, ça commence par la dénonciation. Le groupe le plus fort pour nous aider, ce sont les témoins. Si tous se mettaient ensemble et disaient « non », ce serait réglé, car l’intimidateur a besoin d’une tribune, de se sentir fort. »

Des élèves s’opposent

Le phénomène de l’intimidation sur Internet est le sujet qui a retenu l’attention des jeunes lors des présentations de l’agent Castonguay.

La classe de l’enseignante Martine Pomerleau, rencontrée le printemps dernier par le policier, a eu l’initiative de diffuser dans l’établissement scolaire de l’information sur la cyberintimidation.

Phaemie, la représentante de classe, a soumis le projet au conseil général étudiant, qui y a adhéré. Ensemble, ils ont trouvé des slogans à mettre sur des affiches, et les collègues de classe de Phaemie ont illustré ces slogans.

Sur les quatre modèles d’affiches qu’ont créés les étudiants, le message est clair : « on voulait faire comprendre que chaque geste a des conséquences », explique Bryan, un élève du groupe. « Il faut toujours demander la permission avant de prendre des photos et de les mettre en ligne, poursuit Ralph. Sinon, on peut être poursuivi. »

Le vendredi 12 avril, les élèves ont célébré la pose de leurs affiches dans l’école par un vernissage en classe.

Un modèle

Mme Pomerleau remarque que le travail de Daniel Castonguay auprès de ses élèves a des résultats. « Il réussit tellement à les atteindre, à capter leur attention. Ils restent en classe, même à la pause ou à l’heure de dîner, jusqu’à ce que Daniel ait quitté. »

Durant la création des affiches, l’agent est venu aider les jeunes, leur donner des suggestions et clarifier des termes. « Pour les élèves aussi, le message est clair, constate Mme Pomerleau. Dans leur travail, ils savaient de façon précise ce qu’ils pouvaient mettre ou pas. »

Ils ont d’ailleurs été conséquents jusqu’au bout, en trouvant des images libres de droit à mettre sur leurs affiches.

La nouvelle réalité 2.0 des jeunes amène de nouveaux défis aux intervenants scolaires. Mais les présentations de M. Castonguay ont eu l’heur de créer des leaders positifs. « Quand il y a des conflits le soir sur les réseaux sociaux, ils vont en parler en classe le lendemain, rapporte l’enseignante. On essaie de les aider à régler les situations, même si ça sort du cadre de l’école. On ne peut pas tout régler, c’est sûr. Mais il y en a qui vont prendre position sur les réseaux sociaux. »

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