Rapprocher les communautés
Étant elle-même immigrante, Mme Boughaba est particulièrement sensible à la question culturelle. Interpellée par le débat entourant les accommodements raisonnables, elle s’est fait connaître en visitant les résidents d’Hérouxville, en Mauricie, ainsi qu’en déposant un mémoire à la commission Bouchard-Taylor. Selon elle, il est primordial de tisser des liens, non seulement entre les communautés culturelles, mais aussi entre les générations. Pour ce faire, la femme propose une solution bien simple : le dialogue.
Foire communautaire
Mme Boughaba désire organiser une foire communautaire à l’école secondaire Antoine-de-Saint-Exupéry. Différents organismes locaux y tiendront kiosque pour présenter leurs services.
Diverses initiatives similaires ont déjà été réalisées par l’organisme Concertation Saint-Léonard. Questionnée sur la pertinence de tenir à nouveau un tel événement, la citoyenne répond qu’il s’agit d’une question de proximité et d’accessibilité.
« La foire en tant que telle est la même, mais la clientèle, elle, diffère. Cet événement qui peut sembler anodin pour certains, peut être une première pour le parent d’un élève qui va y découvrir tous les organismes », fait valoir celle qui œuvre au sein du conseil d’établissement des écoles Pie-XII et Antoine-de-Saint-Exupéry.
Mme Boughaba souhaite rassembler un maximum d’exposants. Elle sollicite particulièrement la participation d’organismes offrant des services destinés à la clientèle jeunesse.
« C’est pour les jeunes de Saint-Ex, mais aussi pour leurs parents. Certains se disent : mon enfant ne veut pas continuer jusqu’à la cinquième secondaire et je suis perdu. On va donc leur présenter les formations disponibles et les différents organismes qui peuvent les aider », explique-t-elle.
Comme dans le cas des foires en milieu scolaire précédentes, Mme Boughaba souhaite que son événement coïncide avec une rencontre parentale, de sorte à assurer un certain flux de visiteurs. La date n’est pas encore fixée, mais l’activité devrait se dérouler à la mi-février.
Échange linguistique et intergénérationnel
Outre le rapprochement des communautés culturelles, la mère de quatre enfants s’intéresse aussi à celui des communautés linguistiques. Elle est donc en train d’organiser une activité d’échange entre les écoles primaires Pie-XII et Pierre de Coubertin. Dès cet hiver, des élèves du troisième cycle de l’institution francophone passeront une journée en compagnie de leurs homologues anglophones dans leur école et vice-versa. Ces deux établissements scolaires ont notamment été choisis en raison de leur proximité géographique.
« À Saint-Léonard, on côtoie beaucoup de personnes d’expression anglaise. On se croise, mais on ne se parle pas. Ce n’est pas une question ethnique, c’est une question linguistique.
« On va joindre l’utile à l’agréable. Ces enfants vont non seulement vivre un échange académique, ils vont aussi sortir de leur routine et connaître un milieu anglophone », soutient celle qui s’est présentée aux dernières élections municipales pour la formation Vision Montréal.
Une aide financière de l’ordre de 500 $ a été accordée par le Réseau de l’est de l’île pour les services en anglais pour financer cette activité.
Mme Boughaba planche aussi sur un autre projet d’échange, cette fois-ci avec des membres du Centre des aînés du réseau d’entraide de Saint-Léonard.
La bénévole souhaite que des personnes âgées se rendent dans les écoles primaires du territoire léonardois pour faire la lecture aux jeunes.
« Ça permet de sortir les aînés de leur isolement, de les faire bouger en marchant jusqu’à l’école et de leur offrir la possibilité d’être avec les jeunes. Ce que je souhaite, c’est qu’on aille plus loin que la lecture. Ces gens-là sont une référence pour les jeunes. Ils sont l’histoire de Saint-Léonard et c’est très important qu’ils en parlent!
« Les nouveaux arrivants qui ont laissé leur famille derrière eux peuvent voir dans ces gens des grands-papas et des grands-mamans de substitution », croit la bénévole.