Comptoir Saint-Angèle, au service de la communauté
« Le Comptoir Sainte-Angèle, ce n’est pas un magasin pour les pauvres, c’est un magasin au service des pauvres », indique Jeannette Chevalier, bénévole responsable de la boutique du boulevard Couture.
Selon elle, la clientèle du Comptoir Sainte-Angèle est à l’image de son inventaire : hétéroclite, colorée et surtout, unique.
« Nous avons des gens de toutes les classes sociales qui viennent ici : des riches, des pauvres, des nouveaux arrivants, etc. Ils viennent pour trouver des objets à petit prix », confie-t-elle.
L’organisme récupère les dons de vêtements et d’objets, les trie, puis les vend dans sa boutique. Toutes les marchandises sont inspectées minutieusement avant de se retrouver sur les tablettes. Au besoin, celles-ci sont réparées et nettoyées (à l’exception des vêtements, qui eux, doivent être lavés). Il arrive même que l’on retrouve des objets neufs, encore dans leur boîte d’origine. Il arrive que les gens reçoivent des cadeaux dont ils ne veulent pas, alors ça atterrit ici, confie Mme Chevalier.
Donner au suivant
Lorsque les vêtements sont abîmés ou troués, ceux-ci sont remis à une compagnie de récupération ou envoyés en Haïti. Ceux qui ne peuvent être réutilisés sont plutôt offerts à une compagnie de peinture qui s’en sert comme chiffon.
« Ce qui est l’fun, c’est qu’il n’y a rien qui se perd. Les gens nous donnent des choses, on les vend, puis nous redonnons les profits à la communauté », explique la bénévole.
En effet, la totalité des sommes amassées est destinée à soutenir des initiatives locales d’entraide. Chaque mois, environ 800 $ sont remis à l’organisme Le garde-manger de Rosalie qui fournit de l’aide alimentaire aux personnes à faible revenu. Le reste est utilisé pour offrir de l’aide d’urgence aux gens dans le besoin et à couvrir les frais d’opération (loyer, électricité, etc.) du Comptoir Sainte-Angèle.
Un lieu de rencontre et d’entraide
La boutique accueille une clientèle fidèle. Habituée, celle-ci vient régulièrement (voire plusieurs fois par jour!) pour contempler l’inventaire qui se renouvelle constamment.
« On a des gens qui viennent le matin, lorsque l’on ouvre et qui reviennent en après-midi, car ils savent qu’on a eu le temps de sortir de nouvelles marchandises! », confie Mme Chevalier.
« On a des femmes qui viennent plusieurs fois par semaine. Il s’agit de leur activité sociale. Elles se regroupent et discutent. Même si elles ne se connaissent pas, certaines donnent des conseils aux autres quant aux vêtements qu’elles devraient acheter.
« Lorsqu’une femme passe à la caisse et qu’il lui manque 0,50 $, il n’est pas rare de voire une autre femme le lui donner. Il y a vraiment un sentiment d’entraide », fait valoir sa collègue Ellen Schryburt.