À venir
Même si nous savons qu’il faut profiter du moment qui passe au lieu de nous accrocher au passé ou de tenter de prévoir ce qui est à venir, sans nous en apercevoir, nous lorgnons toujours vers ce qui se passera tout à l’heure, demain , le mois prochain, l’an prochain. Parce que nous avons hâte ou que nous craignons que tel événement se produise ou que nous craignons que surviennent des difficultés que nous redoutons. Hanté par ce qui pourrait survenir, quelques-uns parmi nous irons consulter une cartomancienne….parfois à quelques reprises. D’autres se rendront malades soit physiquement, soit psychologiquement devant la crainte excessive de ce qui pourrait leur survenir. On commence par un mal de tête, on s’achemine vers les nuits écourtées par l’insomnie…. Et on embarque ainsi sur un train qui nous conduit vers des cauchemars que nous nous fabriquons subrepticement au fil des secondes quand nous ne nous prenons pas en main pour mieux vivre notre quotidienneté et faire face au jour le jour au problème quotidien pour y apporter séance tenante une solution adéquate. Mais nous remettons au lendemain…..
…..Et alors, la situation qui était grave et réquisitionnait une solution d’envergure qui ébranlerait, croyions-nous, des positions établies depuis longtemps, nous ne l’avons pas mise de l’avant, nous ne nous sommes même pas engagés à la regarder de plus près. Cette situation nous fait peur parce qu’elle nous demande de nous impliquer là où nous avons des intérêts à protéger et où il nous faudrait pourtant sabrer. Nous cherchons des sauf-conduits, des voies de secours et nous finissons par nous empêtrer là où une intervention judicieuse et ponctuée aurait régularisé une situation qui présentait une faille d’importance. Qu’il s’agisse d’une petite situation ou d’une autre de plus grande importance, chacun d’entre nous a sûrement vécu une semblable problématique causée par notre procrastination éhontée, notre évaluation erronée de l’importance de l’événement ou de notre manque d’audace face aux positions à porter de l’avant.
Le pattern est identique à tous les niveaux. Qu’il s’agisse d’une situation personnelle ou d’un événement social comme, par exemple, la grève estudiantine. Qui n’a pas été évaluée à sa juste valeur par les protagonistes du gouvernement. Les ministres de tout acabit concernés par ce conflit on vite cru qu’on diviserait et éliminerait rapidement ce mouvement en ostracisant un leader. Au contraire.
On a multiplié les déclarations qui rabâchaient les sempiternelles mêmes impossibilités et les mises en garde du gouvernement. On s’entêtait à demeurer ferme dans sa position en cherchait quelque appui auprès de l’électorat. Assuré du soutien d’une grande majorité silencieuse on a fini par faire semblant de dialoguer pour parfaire son image. Les jeunes y ont cru et se sont rendus aux pieds de ces autorités du pouvoir accompagnés par des mentors de négociations abruptes. Mais PATATRA! Ils se sont rendus compte qu’on les a roulés dans la farine….. Avec un sourire au coin des lèvres, on les a dupés! 13 semaines plus tard! Il y a eu de la casse….et une enquête doit faire la lumière à propos de la violence tant du côté des policiers que des manifestants. Et au moment où j’achève ce Point de vue, aucun indice d’une prochaine entente ne filtre. Combien de temps notre SI BON gouvernement laissera-t-il encore traîner cette grève qui aurait pu se régler rapidement ou même ne pas avoir lieu? À juste titre, nous pouvons nous demander s’il attache une importance capitale à l’enseignement et à fortiori à l’enseignement universitaire, berceau de notre avenir. Force est de constater, à ce jour, que sa priorité est ailleurs….dans la course au déficit ZÉRO et au PLAN NORD c’est-à-dire un plan qui vend et dépossède le Québec pour quelques dollars.
Nous savons que les revendications étudiantes à propos des hausses de scolarité est récurrente depuis les années soixante. Et la gratuité scolaire aussi. Monsieur Guy Robert, sociologue, un des promoteurs et agent du Rapport Parent prônait déjà cette gratuité scolaire revendiquée aujourd’hui. Même si un sociologue n’est pas un économiste, ce qu’il met de l’avant est réfléchi et proposé en tenant compte des divers domaines inclus dans sa perspective. Quand on parle de gratuité scolaire, monsieur et madame Toutlemonde ont peur que le gouvernement vienne piger dans son gousset. Et c’est souvent ce qu’il fait. Toutefois, il pourrait en être autrement. N’y a-t-il pas des évasions d’argent bien orchestrées dans des PARADIS fiscaux? N’a-t-on pas aussi entendu parler de bonis faramineux accordés à certains banquiers ou à des directeurs de caisses…. Nous pourrions allonger cette liste encore et encore. De l’argent pour nos étudiants, il y en a comme il y en a pour de hauts dirigeants payés à coup de millions pour leur service! Il s’agit de mieux le répartir.
N’oublions pas, d’autre part, qu’un jeune scolarisé apportera assez tôt sa contribution professionnelle et monétaire à notre société en devenir. Le gouvernement donne-t-il le goût aux études avancées en permettant qu’une grève se prolonge aussi longtemps? Nous pleurons les décrochages scolaires et nous sommes exacerbés par les gangs de rues et nous trouvons que nos jeunes sont irresponsables au volant d’une auto. Mais quand un groupe s’avance pour réclamer un allègement du fardeau pécuniaire engendré par des études avancées, nous regimbons. Tout au contraire, nous applaudissons au refus du gouvernement de satisfaire à cette demande très justifiée. Ce gouvernement, conforté par notre attitude, se drape dans son confort d’autoritarisme. Pendant ce temps, la tension grimpera à son paroxysme parmi nos jeunes……….!
Devrions-nous aller consulter une cartomancienne pour connaître ce qui est à venir pour nos jeunes cégépiens et nos universitaires dans ce conflit qui les oppose à un gouvernement autoritaire mais de faible autorité? Chacun d’entre nous peut toutefois se demander, en son âme et conscience, de quelle manière il considère les jeunes de son propre milieu. Nous parlons du respect que nous devons à nos aînés. Ne devrions-nous pas avoir un aussi grand respect pour nos jeunes qui demain formeront l’élite de notre société? Tout en les respectant, ayons aussi une bonne dose d’admiration pour leur ténacité et leur courage qui expriment leur espérance d’une entente satisfaisante.
Vive nos jeunes, AVENIR de notre société démocratique.