De gardien à médecin
Les sacrifices et les efforts, Francis Petrella connaît ça. Le gardien de but de l’Arctic junior AAA pratique son sport préféré tout en poursuivant ses études universitaires de médecine. Rencontre avec un jeune homme très occupé.
Le hockey
À 19 ans, Francis participe à sa deuxième année sous les couleurs de l’Arctic. Avec un nouvel entraîneur-chef à la barre de l’équipe, le hockeyeur a déjà remarqué des différences dans les approches des deux hommes.
« On est un peu mieux dans tous les aspects du jeu, comparativement à l’année dernière. On s’est amélioré partout. En 2011, on avait plus de joueurs dominants individuellement. Là, on a plus une balance de talent au niveau des joueurs et des entraîneurs », indique-t-il.
L’Arctic trône dans la deuxième portion du classement général de la Ligue de hockey junior AAA du Québec, avec une fiche de trois victoires et sept défaites. Un résultat qui n’est pas synonyme des efforts mis par l’équipe.
« Notre fiche n’est pas une bonne représentation de ce qu’on est capable de faire. On va juste s’améliorer avec le temps. J’ai confiance que dans quelques mois, on sera dans une autre situation », affirme l’étudiant.
L’objectif de la formation est de remonter parmi les cinq meilleures équipes. « On aimerait être dans le haut du classement. On en est capable. On a eu beaucoup de malchance, car de nombreux points nous ont échappés. Si on continue à travailler, c’est sûr qu’on va y arriver », soutient-il.
Celui qui évolue au poste de gardien de but considère que l’aspect psychologique est aussi important que la forme physique. « Il faut être fort mentalement, car ce n’est pas tout le monde qui comprend bien comment ça se passe en tant que gardien. Peu importe ce qui arrive, tu dois continuer à faire ta job. Tu ne peux pas t’en faire quand tu laisses aller un mauvais but. Il faut effacer ce qui s’est passé, que ça soit bon ou mauvais », souligne-t-il.
Le travail d’un joueur à cette position est plus complexe que de simplement arrêter une rondelle.
« C’est là que l’équipe commence. S’il y a un arrêt clé ou un mauvais but, la situation peut complètement s’inverser. L’attaque peut revenir dans la partie ou une mauvaise pénalité peut rendre le jeu précaire. Le momentum est alors complètement changé. Tu es comme le leader. Tu n’es pas seul à ton poste. C’est pour cela que j’essaie de sortir ma meilleure performance à chaque game. La perfection n’existe pas, mais je veux essayer d’exceller », confie-t-il.
Après cette saison, le sportif n’a pas le désir d’arrêter le hockey. Il envisage de continuer à jouer le plus longtemps possible. « Mon but est d’aller jouer à McGill, l’année prochaine. La ligue universitaire devient de mieux en mieux au Canada. Mon objectif est d’avoir une bonne saison cette année pour rentrer dans les Redmen. C’est le meilleur lieu pour poursuivre mes études et ma passion pour le hockey », mentionne-t-il.
« J’ai fait tout mon hockey dans la région de Bourassa, poursuit-il. C’est le fun d’avoir la possibilité de rester près de chez soi. Il y a beaucoup de joueurs qui déménagent aux États-Unis pour jouer, mais on a du bon hockey ici aussi et de bonnes universités. On peut rester et être à la fois un étudiant et un hockeyeur. »
L’université
L’étudiant a entamé sa deuxième année à l’Université McGill, en science. Il tentera ensuite d’entrer dans le programme de médecine.
« Il y a beaucoup de monde dans ma famille qui a eu le cancer. J’ai vu ce que les médecins pouvaient faire dans ces situations. Je veux aider les autres comme je l’ai été. Je ne sais pas si je vais me spécialiser en oncologie. Il me reste encore des années avant de décider. Ce qui est sûr, c’est que je veux faire médecine et aider les autres », avoue-t-il.
L’école a toujours eu une grande place dans le cœur du Léonardois. D’ailleurs, abandonner ses études pour poursuivre une carrière sportive, n’a pas effleuré l’esprit du jeune homme. « Quand j’avais entre 12 et 15 ans, je pensais à mon futur dans le hockey. Mon rêve a toujours été de continuer l’école et mon sport. Si tu te blesses, tu n’as plus d’option quand ça fait quatre ans que tu n’es plus à l’école », raconte-t-il.
Jumeler des études universitaires avec une discipline sportive n’est pas de tout repos. « Je passe moins de temps à relaxer entre la période scolaire et la saison de hockey. Mais c’est quelque chose que j’ai choisi. Je veux entrer en médecine et je veux jouer au hockey le plus longtemps possible. Je prends chaque jour comme mon dernier jour sur la glace », laisse-t-il savoir.
« Il faut faire des sacrifices, ajoute-t-il. C’est sûr que c’est plate de ne pas voir ta blonde ou de manquer un mariage ou une fête. Toutefois, tu ne peux pas atteindre le meilleur niveau scolaire et sportif sans sacrifices. C’est mon choix et je ne regrette rien. »