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Les appartements, une denrée de plus en plus rare

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Trouver un appartement à Saint-Léonard, mission impossible? Presque! Le secteur Saint-Léonard – Anjou affiche le deuxième taux d’inoccupation le plus bas sur le territoire montréalais, tout juste derrière Rosemont – La Petite-Patrie (RPP).

En 2011, le taux d’inoccupation des appartements locatifs était de 2,5 % pour l’ensemble de l’île de Montréal. À Saint-Léonard Anjou, à la même période, ce taux se situait à 1,7 % pour tous les logements et à 1,4% pour les appartements de 2 chambres à coucher, apprend-on dans le Rapport sur le marché locatif de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).

Mais qu’est-ce qui attire les locataires à Saint-Léonard et Anjou? Contrairement à RPP, ces secteurs ne sont pas centraux et sont mal desservis par le transport en commun.

« Depuis quatre ans, on remarque que le marché est serré et que le taux d’inoccupation est stable. Celui-ci est plus faible dans les appartements de deux chambres à coucher et est plus élevé dans les studios. Ça veut dire que les logements de plus grande taille sont plus populaires », indique Geneviève Lapointe, analyste de marché de la SCHL.

« Même si ce ne sont pas les secteurs les mieux desservis par le transport en commun, il y a quand même la ligne verte qui se trouve près de la pointe d’Anjou. Il y a aussi la présence de deux grands axes routiers, soit les autoroutes 40 et 25, à proximité.

« Depuis 2006, l’immigration entraîne une forte croissance du bilan migratoire dans la région de Montréal. Ces immigrants-là viennent surtout s’installer à Montréal, c’est donc une tendance que l’on observe sur l’ensemble du territoire. »

Un marché stable

Mme Lapointe considère que le marché léonardois – angevin se distingue des autres de par son offre. En effet, son parc d’appartement comptait 16 379 unités, en 2011. Depuis quelques années, ce nombre est relativement stable.

« C’est un parc qui est stable dans le temps. La mise en chantier de logements locatifs est pratiquement nulle pour la période de 2007 à 2011. Il y a eu huit unités construites en 2006, aucune en 2007, 2008, 2010 et 2011. Il n’y a qu’en 2009 où on a construit un immeuble de 112 appartements à Saint-Léonard. L’arrivée d’un nouvel immeuble n’a pas modifié de façon significative le taux d’inoccupation », soutient la porte-parole de la SCHL.

Pendant ce temps, 30 condos et 12 maisons ont été construits en 2011, en sol léonardois. En 2010, ce sont 119 condos et huit maisons individuelles ainsi que huit maisons jumelées qui ont été construites à Saint-Léonard.

À Anjou, deux maisons individuelles et aucun condo n’ont été mis en chantier au cours de la dernière année. En 2010, six appartements, neuf condos et une maison individuelle ont été construits.

Pénurie de logements

Cette stagnation de l’offre locative et la relative pénurie de logements, particulièrement à Saint-Léonard, inquiète Sylvie Dalpé, coordonnatrice de l’organisme de défense des droits des locataires Action Dignité Saint-Léonard.

« C’est très préoccupant, car les propriétaires peuvent en profiter pour augmenter les loyers. On reçoit plein d’appels de gens qui sont à la recherche d’un logement. Ils nous disent que ceux disponibles sont trop chers pour eux. Il s’agit souvent de familles avec trois ou quatre enfants qui sont victimes de discrimination. Le prix des loyers et la discrimination ne facilitent pas la vie des locataires », fait valoir Mme Dalpé.

Selon elle, le problème est exacerbé par la construction de condos, qui permettent aux promoteurs de réaliser un gain instantané en vendant l’habitation, contrairement aux appartements qui prennent plus de temps à rentabiliser l’investissement de départ.

Pour en savoir plus:

La saison des hausses de loyers est ouverte!

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