Saint-Léonard ne rajeunit pas
Anjou figure à la première place du palmarès avec un taux de 20,3 %. La moyenne montréalaise, quant à elle, se situe à 15,2 %.
Les aînés léonardois sont, pour la plupart, des immigrants (63 %) et près de 49 % de ces Québécois d’adoption proviennent d’Italie. À la maison, 52 % des personnes âgées s’expriment dans une langue autre que le français ou l’anglais. Pour ce qui est du français et de l’anglais, ce taux se situe à 37,6 % et 6,3 % respectivement.
La majorité des personnes du troisième âge ne détient aucun diplôme ou certificat (65,2%) tandis que 15,6 % d’entre eux possèdent un diplôme d’études secondaires. On constate également que plusieurs aînés se retrouvent dans une situation financière précaire : près de 48 % ont un revenu annuel qui oscille entre 10 000 $ et 19 000 $.
Un phénomène connu
Du côté de l’arrondissement de Saint-Léonard, on ne se dit pas surpris du portrait dressé de sa population aînée. Consciente de cette réalité, l’administration locale a bonifié l’offre de services aux aînés, notamment en aménageant un circuit d’exercice extérieur au parc La Dauversière (et souhaite en faire de même aux parcs Wilfrid-Bastien et Delorme).
Même son de cloche de la part du Centre des aînés du réseau d’entraide de Saint-Léonard. Johanne Pitt, directrice de l’organisme, dit être régulièrement confrontée aux aspects soulignés dans ce portrait: le caractère multiculturel de la clientèle et la précarité de leur situation financière.
« Chez les personnes en perte d’autonomie âgées de 65 ans et plus, on remarque que beaucoup vivent sous le seuil de la pauvreté. Il arrive souvent qu’elles n’aient pas assez d’argent pour payer leur franchise pour avoir leurs médicaments. Elles se privent parfois de manger pour avoir l’argent nécessaire. « Lors de nos journées-répit, on a une bonne clientèle d’italophones. Ça, c’est nouveau. Les Italiens gardent plus longtemps leurs parents à domicile et la population vieillit », confie Mme Pitt.
Elle croit « qu’il y a une belle volonté politique de la part de l’arrondissement, qui a pris conscience de cette réalité et qui pose des gestes pour améliorer cette situation. Il y a encore beaucoup à faire et tout le monde aimerait en avoir plus, mais l’arrondissement fait face au même problème que le milieu communautaire : le manque de financement, déplore Mme Pitt.
La directrice souhaite que le gouvernement québécois investisse davantage dans les services de soins et de maintien à domicile pour assurer la qualité de vie des aînés.
« Quand les organismes qui s’occupent des personnes âgées font des campagnes de financement ou demandent des subventions, c’est tellement confrontant. La porte est souvent fermée. Pourtant, le vieillissement est un phénomène que tout le monde va vivre. Les gens n’ont pas le goût de penser à ça », croit-elle.