La formation professionnelle : pas un diplôme à rabais
«J’y crois tellement. Ce sont des formations de haut calibre», lance la commissaire scolaire dans Saint-Henri–Petite-Bourgogne–Pointe Saint Charles, Violaine Cousineau.
En 1998-1999, le nombre d’élèves étaient de 7585. En 2012-2013, ils étaient 14 070 à avoir choisi cette voie.
«Au Québec, on pense qu’un diplôme d’études professionnelles c’est un diplôme à rabais», déplore la présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon. Mais ce n’est pas le cas, insiste-t-elle, soulignant que 50% des élèves inscrits ont un diplôme d’études secondaires en poche et 33% ont étudié au collégial.
Bien souvent, ce sont des personnes qui ont déjà un bagage professionnel. «La moyenne d’âge est de 27 ans», mentionne Mme Harel-Bourdon. Seulement 15% des élèves ont moins de 20 ans.
Nairobi Terrero-Montas et David Laplante ont fait le choix de la formation professionnelle.
Nairobi, 19 ans, est inscrite au programme de service à la restauration à l’École des métiers de la restauration et du tourisme de Montréal. David, 17 ans, étudie depuis un an en mécanique industrielle à l’École des métiers du Sud-Ouest-de-Montréal.
Pour Nairobi, il s’agit d’une étape avant des études collégiales en travail social – une façon de bien gagner sa vie tout en poursuivant des études. «C’est un pont pour ma carrière», explique la jeune femme.
David est avide d’apprendre, et il a trouvé chaussure à son pied. «Je veux faire plein de choses. J’ai peur de la routine», confie celui qui a l’intention d’aller chercher un second diplôme d’études professionnelles (DEP), cette fois en électromécanique. Ce qui ne manquera pas de faire de lui en employé encore plus convoité.
Préjugés
Encore aujourd’hui, quand on parle de formation professionnelle, il faut se battre contre des préjugés.
Pour Catherine Harel-Bourdon, «il y a une méconnaissance».
«Une formation technique, c’est bien vu au cégep», pointe Violaine Cousineau. Pourquoi en irait-il autrement au secondaire?
Les préjugés peuvent venir des parents, des amis. «Mes parents sont ouverts, note David. Tant que je m’éduque et que je vais faire ce que j’aime.» Mais pour lui, il faut travailler à abolir les stéréotypes. «C’est incroyable les gens, à l’école, qui pensent que c’est pour les nuls. Mais ce n’est pas le cas», dit-il.
«Mes amis sont ouverts à ça, indique Nairobi. Mais il y en a qui n’aiment pas la formation professionnelle. Ils pensent que c’est pour des personnes qui sont nulles»
Une voie royale
Pour Violaine Cousineau, il faut que la formation professionnelle au secondaire «soit une voie royale d’obtention du diplôme».
La CSDM entend véhiculer ce message auprès des parents, des conseillers d’orientation et de l’ensemble des acteurs du milieu. On compte cibler des programmes à développer ou à moderniser, avec un objectif de diplomation des moins de 20 ans.
Pour Violaine Cousineau, les professeurs et les directions des écoles sont en première ligne pour en faire la promotion. «Il faut qu’ils imaginent cette possibilité pour les jeunes», dit-elle.
Catherine Harel-Bourdon rappelle la nécessité d’en faire la promotion à l’intérieur même des établissements. «On doit commencer par en parler dans les écoles», explique la présidente.