Des citoyens choqués par la destruction d’un espace vert

Des citoyens choqués par la destruction d’un espace vert
Photo: Emmanuel DelacourLe Carré Casgrain a complètement été rasé samedi.

Des citoyens ont été « sous le choc » samedi 5 octobre lorsqu’ils ont vu une pelle mécanique débarquer sur un espace commun qu’ils entretiennent depuis 3 ans, détruisant le mobilier et les plants qu’ils y avaient installés.

Les résidents se désolent de l’intervention de la part du propriétaire du terrain vague se trouvant à l’angle des rues Casgrain et Bellechasse, qui a décidé de raser tout ce qui s’y trouvait cette fin de semaine.

« Il a tout enlevé, il a coupé quelques arbres et cassé certains des bacs à fleurs avec la petite « pépine ». On a été averti par une voisine et quand je suis arrivé vers 11h, il ne restait plus rien », raconte Hélia Tremblay, résidente et membre du comité du Carré Casgrain.

Une rétrocaveuse était sur le terrain samedi matin.

D’après les faits rapportés par celle-ci et son voisin, Claude Létourneau, le propriétaire Albino Del Tedesco était présent ce matin-là, mais il a refusé d’expliquer la raison de cette intervention, alors que son terrain est en friche depuis 2001.

« On a essayé de lui parler, mais il était plutôt agressif, on ne pouvait pas avoir de discussion. On ne comprend pas pourquoi il a fait ça. Il a dit que c’est « dangereux ». Oui, mais un terrain vague vide, quand il n’y a personne qui s’en occupe et que c’est un dépôt sauvage, qu’il y a de l’herbe à poux, est-ce que c’est vraiment plus sécuritaire? », souligne Mme Tremblay.

Droits et réserve foncière
Le maire de Rosemont – La Petite-Patrie, François Croteau, était par hasard présent dans le secteur samedi matin au moment de la démolition, qu’il qualifie de « cavalière » et d’un « acte probable de vengeance ».

« Quand j’ai voulu interpeller le propriétaire, celui-ci était trop agressif pour échanger. Tout ça s’est fait sous la présence policière pour calmer la situation. J’ai aussi contacté nos services pour qu’ils s’assurent qu’aucun acte illégal n’aurait lieu », affirme celui-ci.

En effet, depuis le mois de février, la cohabitation sur le Carré Casgrain est devenue un peu plus difficile entre les parties prenantes.

L’hiver dernier, les résidents avaient dénoncé la mise en place de panneaux publicitaires autour du terrain.

Puis en avril, l’Arrondissement a voulu répondre à leurs souhaits de pérenniser l’espace vert en imposant une réserve foncière sur le lot afin d’y créer un parc.

Lot vacant depuis plusieurs années, le Carré Casgrain a été réaménagé par des résidents.
Lot vacant depuis plusieurs années, le Carré Casgrain avait été réaménagé par des résidents.

Bien que le propriétaire était dans ses droits en nettoyant les lieux, celui-ci ne peut plus y construire d’immeuble, selon le maire.

Le processus d’acquisition du terrain doit désormais passer par le Service de la gestion et planification immobilière qui procèdera aux négociations avec le propriétaire. Si celui-ci refuse les offres qui lui sont offertes, la Ville pourrait choisir de procéder par expropriation, comme ce fut le cas pour le parc des Gorilles, situés à quelques coins de rue du Carré Casgrain.

Selon M. Croteau, ces événements ne changent en rien la volonté de son administration de faire l’acquisition du terrain. « On veut encore y mettre en place un projet, qui pourrait ressembler à ce que l’on retrouve à l’Îlot des murmures. »

Pour sa part, le propriétaire insiste sur le fait que l’intervention a été faite pour des raisons de sécurité.

« Moi je ne suis pas assuré pour qu’il y ait des bonbonnes de gaz, pour qu’on fasse des barbecues sur le terrain. On y faisait la fête jusqu’à tard le soir, ils ont monté sur le bâtiment avoisinant pour y mettre un projecteur. Si un accident arrive, qui sera tenu responsable? Les gens, la Ville ou moi? », souligne M. Del Tedesco.

Par ailleurs, ce dernier nie avoir été fermé à des discussions au sujet de la gestion du terrain, soulignant que l’Arrondissement n’avait jamais fait connaître ses intentions de transformer l’espace en parc jusqu’au début des procédures de mise en réserve foncière et qu’il avait encore l’intention de construire un immeuble à cet endroit.

« On ne m’a jamais appelé, le maire ne m’a jamais contacté. »