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Trotter jusqu’à l’école

Les enfants de l’école Barthélemy-Vimont ont désormais une autre façon de se rendre à l’école. Tous les matins, ils peuvent prendre le trottibus. Sous le regard attentif de parents bénévoles et d’intervenants, les petits marchent jusqu’aux portes de leur établissement scolaire.

Suivant le même parcours qu’emprunterait un autobus, le trottibus forme un cortège d’enfants et d’adultes. Cet autobus pédestre grossit chaque fois qu’un petit marcheur rejoint le groupe.

Le projet permet à certains enfants de se démarquer et de venir en aide aux plus petits. Musab Umair, 10 ans, est assistant trotteur. «Il est très assidu et responsable», constate Ghislaine Paiement, intervenante communautaire scolaire à l’école Barthélemy-Vimont. Muni d’un gant en mousse rouge, l’assistant trotteur lève la main pour faire passer ses cadets.

Des parents ravis

En plus de développer de bonnes habitudes de vie, «un objectif est de s’assurer que les élèves arrivent à l’heure». Le projet pilote, qui a débuté il y a une semaine à Parc-Extension, sera mis en place l’année prochaine à partir du mois de septembre et durant toute l’année. «Pluie, neige: le trottibus avance», lance avec un grand sourire l’intervenante communautaire.

L’initiative de la Société canadienne du cancer portée par Vrac environnement et financée par Québec en forme enchante les parents qui y participent. Geneviève Boulay, qui marche avec son fils, dit apprécier ce projet et la solidarité créée entre les parents, «surtout dans les familles nombreuses où le déplacement vers l’école n’est pas toujours évident».

Amina, une autre maman marcheuse, considère que le trottibus est un moyen sécuritaire pour les enfants de voyager et de se garder en forme. «Une priorité de l’école est de favoriser les saines habitudes de vie et le transport actif» explique Mme Paiement.

Mais pas facile d’informer les parents du quartier de cette initiative, qui en est à ses premiers pas. Selon l’intervenante communautaire scolaire, «un nombre important de parents ne parlent ni français ni anglais».

Elle espère que les trotteurs et leur dossard coloré vont attirer l’attention des parents allophones. «On a choisi de parler du projet aux enfants pour qu’ils en parlent à leurs parents. Nous sommes aussi allés chercher des bénévoles pour parler aux parents dans leur langue maternelle», ajoute-t-elle.

À pied et en chanson

Les enfants, appelés «trottineurs», se dégourdissent les jambes avant leurs classes en chantant: «Deux par deux: ça va toujours mieux. Trois par trois: ça ne marche pas », pour se rappeler de ne pas dépasser les limites du trottoir.

Chacun marche à côté de son compagnon de route. Souriants et respectant à la lettre toutes les consignes de sécurité, les écoliers expliquent au Progrès qu’ils aiment marcher tous ensemble vers l’école.

Pour l’instant, l’initiative touche la vie de 15 enfants, 8 bénévoles parents et 4 citoyens du quartier. Plusieurs écoliers qui souhaitaient trotter jusqu’à l’école ont dû être refusés, parce qu’ils n’habitaient pas dans un des deux trajets du trottibus.

«Ils veulent marcher avec leurs amis, faire partie de quelque chose», explique Mme Paiement. Le projet est donc à la recherche de bénévoles pour créer de nouveaux trajets. Tous reçoivent une formation en sécurité routière.

Pour devenir bénévole, contactez Vrac environnement au 514 270-4049.

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