Soutenez

Renaissance et seconde chance

Joanny-Furtin Michel - TC Media
Dans le cadre de sa campagne de collecte de dons du printemps, jusqu’au 18 mai, Marc Labrèche et Debbie Travis font leur ménage du printemps au profit de Renaissance. Ils invitent la population à faire comme eux et à se départir de leurs vêtements et autres articles ménagers dont ils ne se servent plus au profit de Renaissance. Ils donneront ainsi une seconde vie à leurs biens pour que des gens aient une seconde chance, car tous les dons recueillis soutiennent les programmes de réinsertion en emploi.

Renaissance a été fondée en 1995 par Moisson Montréal. «On avait travaillé plusieurs années auparavant sur le concept de ce qu’allait devenir Renaissance, mais c’était trop tôt pour Moisson Montréal, raconte Pierre Legault, directeur général de Renaissance. Très vite, il est apparu nécessaire de créer une autre organisation parce que la mission de Renaissance exigeait des moyens humains et techniques auxquels Moisson Montréal n’aurait su répondre. Ils sont revenus me chercher quelques années plus tard en me disant: « On ne peut pas créer ça, mais on peut t’aider à le faire. » Nous avons donc commencé grâce à une subvention de la Fondation De Sève.»

«L’approche de Renaissance est basée sur le principe des entreprises d’insertion, mais aussi du modèle anglo-saxon Goodwill, poursuit M. Legault. Il s’agit de leur apprendre à faire des affaires et d’offrir des services aux personnes à l’intérieur d’une entreprise économique. Ainsi, la moitié de nos stagiaires, les participants comme nous les appelons, sont des employés permanents en préparation d’un retour au travail. Le champ d’activité de Renaissance, c’est le troisième R de la règle des 3R: Recycler, Réduire, Réemploi. Bref, nous développons une activité économique au service de l’être humain.»

«Nous aidons des gens qui ont des capacités mais qui, après divers accidents de parcours, vivent une grande anxiété lors de la reprise d’un travail, explique le directeur général. Après une longue période sans emploi où l’estime de soi est souvent tombée à néant, après avoir trébuché plusieurs fois, il faut leur permettre un temps de préparation pour se réapproprier le goût de l’effort, sa pertinence et sa valeur, reconstruire des objectifs et, pourquoi pas, des rêves.»

«Une équipe, c’est un gérant et des assistants de plancher qui se partagent les tâches comme le tri, la caisse, les chauffeurs, les commis, énumère-t-il. Les participants assument ces tâches pendant un contrat de six mois, et ce, dès le premier jour. Leur contrat commence par une première journée consacrée à l’orientation. Puis, on les place en situation de travail. Ils doivent, selon un programme individualisé, réapprendre la ponctualité, la responsabilité d’une mission, respecter un délai, tenir un objectif, mais aussi socialiser avec leurs pairs. Ils sont rémunérés dès leur première journée de travail, ce qui leur permet de sortir du bien-être social [BS].»

Tout… sauf l’électroménager

À ce jour, Renaissance fonctionne avec succès grâce au travail d’une centaine de bénévoles, 130 participants et 250 permanents. La structure dispose de 28 lieux, soit 11 magasins, 3 librairies et 13 centres de dons. À Villeray, il s’agit de la Fripe-Prix située au 7250, boulevard Saint-Laurent (514 906-0804).

«Nous récupérons tout, sauf l’électroménager, précise Pierre Legault. Des livres, oui, mais aussi des vêtements, des jouets, de la vaisselle, des chaussures, des articles de sport, des meubles, et tous types de biens de consommation. Nous avons même reçu des robes de mariée et des instruments de musique. Si le Village des valeurs est l’un de nos concurrents, c’est aussi un des employeurs qui recrutent nos participants à l’issue de leur passage à Renaissance. Comme quoi on doit bien les former!»

Qu’est-ce qui fait courir Pierre Legault? «À l’adolescence, vous vous cherchez, comme beaucoup d’ailleurs après avoir laissé le cégep. J’ai reçu une formation d’ingénieur, mais j’avais toujours eu une certaine sensibilité au travail social et, parmi mes multiples expériences de vie, j’ai adoré travailler avec des handicapés. Un jour, j’ai dit à mon épouse Margareth, la mère de mes six enfants: « Je viens de découvrir ce que je suis, ce que je veux être: un entrepreneur social! » À l’époque, ça n’existait pas vraiment.»

Un concours de donateurs

Dans le cadre de sa campagne du printemps, Renaissance lance un défi aux Villerois: jusqu’au 18 mai, et comme 18 autres municipalités et arrondissements du Montréal Métropolitain, les résidents sont invités à déposer leurs dons de vêtements et d’objets réutilisables au centre de dons de leur quartier, afin de soutenir leur municipalité.

À l’issue de ce concours, Renaissance décernera trois prix: celui du plus grand nombre de dons collectés, celui du plus grand nombre de dons collectés par 1000 habitants et celui de la plus forte progression par rapport à l’édition précédente. À l’automne 2012, Renaissance a ainsi enregistré une augmentation record de 36,35%!

Poursuivons ce bel effort; c’est le moment de faire le ménage de printemps…

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.