De bonnes affaires attendent les acheteurs, mais…
C’est un fait : jamais le prix des automobiles n’a été aussi intéressant au Canada. Les promotions sont de l’ordre du jamais vu et les inventaires débordent. Jamais l’acheteur d’un véhicule n’aura fait d’aussi bonnes affaires. À condition, cependant, d’éviter les pièges…
L’an dernier, avec notre dollar à parité, les constructeurs avaient dû revoir à la baisse les prix automobiles canadiens. Notre devise a chuté de 20 % depuis, mais la crise financière a toutefois empêché la note de remonter – tant mieux pour nous.
Ainsi, les promotions, déjà fort alléchantes ces dernières années, le sont encore plus. Du 0 % d’intérêt pour la Toyota Corolla? C’est du jamais vu, même si le terme est court (36 mois). Tout comme cette Mercedes Classe C «en location pour le prix d’une berline intermédiaire japonaise», fait remarquer George Iny, président de l’Association pour la protection des automobilistes (APA).
Pour couronner le tout, les inventaires débordent. Il y a jusqu’à deux fois plus de véhicules qu’en temps normal, soutient la Corpo?ration des concessionnaires d’automobiles du Québec (CCAQ). On assiste à des ventes de feu!
Bref, l’acheteur n’a jamais eu un aussi bon jeu.
Le hic, c’est qu’il n’achète pas! Depuis le début de l’année au Canada, les ventes ont chuté de 27 %. Presque tous les constructeurs y goûtent, les plus touchés étant GM avec un effarant -52 % et, oh surprise, Honda avec une chute de 41 %.
La Civic, pourtant la voiture la plus vendue au Canada depuis une décennie, a vu ses ventes s’effondrer de moitié, ce qui lui fait perdre le sommet du top 10 – au profit de la Mazda3 et de la Corolla, pour ceux que ça intéresse.
Selon les experts, une telle déconfiture chez Honda est attribuable à une absence de promotions intéressantes, tandis que d’autres, comme Hyundai, ont multiplié les rabais. Résultat pour le constructeur coréen : une vertigineuse hausse de 25 %, malgré un marché des plus difficiles.
Publicités trompeuses, manÅ“uvres douteuses
S’il est plus que jamais temps d’acheter, le consommateur doit néanmoins rester prudent. «Je n’ai jamais vu autant de publicités trompeuses ou douteuses», affirme M. Iny.
Du «deux pour un» payable à la semaine pendant 96 mois… soit pendant 8 ans? «Ce n’est pas ainsi qu’on va renouveler le parc automobile», fait remarquer le PDG de la CCAQ, Jacques Béchard.
«C’est grossier, cette « mini-pothèque »» s’indigne de son côté George Iny, qui recommande au passage d’éviter les «deux pour un», les paiements à la semaine et les mises de fonds à la location.
Si on analyse une récente offre (maintenant terminée) de certains concessionnaires GM de la région métropolitaine, on réalise qu’au bout du terme de huit ans, une fourgonnette Chevrolet Outlander (à 14 995 $) et une sous-compacte Aveo (à 9 995 $) auront coûté, à raison de 119 $ par semaine, un grand total de 49 504 $, soit autant en intérêts que le prix des deux véhicules!
Il faut aussi faire attention aux manÅ“u?vres des représentants aboutissant à de coûteux extras. «Nous constatons une présence et une pression accrues pour des produits comme le marquage antivol et les garanties prolongées, déplore M. Iny.
Mieux vaut se procurer ces produits ailleurs que chez le concessionnaire.»
Le président de l’APA suggère aux consommateurs de consulter les sites internet des constructeurs avant de se rendre en concession, question de vérifier le prix du véhicule et de ses options. L’APA peut aussi, moyennant un abonnement annuel de 65 $, dévoiler le prix coûtant d’un véhicule, ce qui permet au client de calculer la marge de profit du concessionnaire – que l’on dit d’ailleurs très petite ces temps-ci.