L'internet mobile traîne de la patte
Bien qu’ils soient en grande majorité des utilisateurs réguliers de l’internet, les Québécois tardent à se laisser charmer par l’internet mobile.
Selon les résultats de l’étude NEtendances 2008 dévoilés hier par le Centre francophone d’informatisation des organisations (CEFRIO), seulement 6,8 % des Québécois accèdent à l’internet mobile par des cellulaires, des téléphones intelligents ou des assistants numériques.
«Le prix des connexions internet par ondes cellulaires freine les gens», a estimé Philippe Le Roux, président de l’agence internet VDL2.
En effet, bien que 56 % de la population possède un cellulaire, seulement une personne sur dix se connecte à l’internet de cette façon.
Sites mal adaptés
Les statistiques sont plus encourageantes pour les propriétaires de téléphones intelligents tels que les BlackBerry ou iPhone. Même s’ils ne représentent que 8 % de la population, un tiers d’entre eux se connectent à l’internet sur leur téléphone. La majorité le fait cependant en utilisant le mode sans fil (wi-fi), beaucoup moins coûteux que les ondes cellulaires.
La directrice de projet au CEFRIO, Najoua Kooli, croit que le nombre de mobinautes québécois pourrait augmenter si davantage de sites étaient conçus spécifiquement pour les téléphones intelligents.
«La qualité de ce qui est présenté sur l’internet mobile rebute souvent les gens, a-t-elle indiqué. Plusieurs sites ne sont pas prévus pour être lus sur des téléphones intelligents. L’information est donc mal disposée et difficile à lire.»
Ville branchée?
Le retard du Québec en matière d’internet mobile ne serait pas étranger à l’accès limité du sans-fil (wi-fi) dans la province et particulièrement sur l’île de Montréal.
«L’accès au wi-fi est catastrophique, a jugé Philippe Le Roux. Ce n’est pas normal que dans une société aussi branchée que la nôtre, l’internet ne soit pas accessible dans tous les lieux publics.»
À Montréal, l’organisme à but non lucratif (OBNL) Île sans fil offre, depuis 2003, 150 points d’accès à l’internet sans fil gratuit.
À la demande de la Ville de Montréal, l’OBNL a réalisé, en 2007, une étude de développement d’un réseau sans fil pour toute l’île. La Commission sur le développement économique, qui s’est penchée sur la question, recommandait à la Ville d’aller de l’avant et de doubler le nombre de points de service. Un appel d’offres est toujours attendu.