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Comprendre la maladie mentale : un défi mon-nu-mental

Passer 48 heures dans une cabine au coeur de la forêt, sans téléphone, sans électricité, sans livre ni personne à qui parler : voici un « défi mon-nu-mental » qu’a relevé Heather Clarke, résidente d’Anjou, en participant à une campagne de financement hors du commun de la Fondation de l’Institut Philippe-Pinel.

L’objectif de l’Institut est d’abord d’amasser 50 000 $ pour la mise sur pied d’un projet de recherche, mais aussi de sensibiliser les gens à la réalité de ses patients qui ne peuvent pas exprimer leurs émotions. Jusqu’à maintenant, les huit personnes qui ont tenté l’expérience ont permis d’amasser 30 % de l’objectif.

Mme Clarke qui est du nombre est ressortie grandie de ce test d’endurance psychologique.

« J’ai réussi à voir et à comprendre ce que vivent les personnes souffrant de maladie mentale, mais je ne l’ai pas vécue. Je suis en santé mentale alors, je peux comprendre ce qui se passe autour de moi. Quand je voyais une ombre menaçante par la fenêtre ou une branche au-dessus de ma tête, je savais que ce n’était rien. »

Pendant 48 heures, la dame est donc restée enfermée seule dans une petite cabine isolée dans la forêt des Cantons-de-l’Est. Chaque jour, elle recevait ses repas sans avoir de contact avec d’autres personnes.

« Quand la porte s’est fermée derrière moi et que je me suis retrouvée seule, j’ai senti un poids peser sur mes épaules et j’avoue qu’au début, j’ai eu peur qu’une souris passe sur mon visage, explique-t-elle. Je sais que c’est ridicule parce que c’est pratiquement impossible, mais parfois, la peur de l’inconnu est incontrôlable. Imaginez pour les personnes souffrant de maladie mentale! »

Mme Clarke a toutefois eu le temps de s’habituer et même de s’émerveiller de sa solitude.

« Le soir, je regardais la lueur des flammes danser au plafond et le matin, il y avait des mésanges qui chantaient à ma fenêtre. »

Le défi de l’Institut

Le plus grand défi pour la dame était de demander aux gens de contribuer pour cette cause encore taboue, un obstacle que Mme Clarke tenait à surpasser.

« C’est gênant de demander de l’aide aux autres, mais je me suis rendu compte que quand les gens voyaient que c’est une cause à laquelle je crois, ils étaient très généreux. Ça touche tout le monde : il y a des gens qui m’ont confié qu’ils ont un ami qui s’est suicidé, un mari dépressif ou un fils schizophrène », raconte la dame.

Il n’est pas étonnant qu’autant de personnes se soient confiées à Mme Clarke puisqu’un Canadien sur cinq souffre d’une maladie mentale au cours de sa vie. C’est d’ailleurs le passage d’un membre de sa famille à l’Institut Pinel qui a sensibilisé Mme Clarke à la cause.

« La maladie mentale peut toucher n’importe qui : pas seulement les gens qui mènent une mauvaise vie ou qui viennent d’une famille poquée, assure-t-elle. Les patients de Pinel sont des gens comme vous et moi qui ont fait des choses qu’ils regrettent sous l’effet d’une psychose. »

Les personnes qui comme Mme Clarke voudraient relever le défi peuvent s’inscrire au www.numental.org.

L’expérience se termine le 2 mai et les participants doivent s’engager à amasser 1000 $ au profit de la Fondation. Cet argent servira à financer un projet de recherche d’imagerie cérébrale. Grâce à cette technologie, les médecins traitants et les chercheurs pourront avoir un aperçu du fonctionnement du cerveau.

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